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28 novembre 2016

FLASH - Le patronat se déchire autour d'un futur électrochoc social

Même si, toutes tendances confondues, il souhaite que la France rompe avec le modèle social issu de la Libération, le patronat vit des jours tourmentés et apparaît plus divisé que jamais. Mediapart a fait une plongée dans le petit microcosme du Medef pour en comprendre les raisons. Où l’on découvre de stupéfiantes et discrètes relations entre l’organisation de Pierre Gattaz et des experts ou hiérarques socialistes.

Un esprit peu averti pourrait penser qu’à quelques encablures de l’élection présidentielle, il règne désormais un climat d’euphorie et de soulagement dans les instances dirigeantes du patronat. Car la victoire écrasante de François Fillon au premier tour de la primaire de la droite peut lui faire espérer une prochaine alternance, avec la mise en œuvre rapide d’une politique économique et sociale strictement conforme à ses vœux : radicalement néolibérale. Thatchérienne pour tout dire…

Le quinquennat socialiste, qui est en train de se clore de manière tumultueuse, n’a certes pas été mauvais pour le patronat. Tout au contraire ! Car, des deux lois Macron à la loi El Khomri dynamitant le code du travail, jusqu’au CICE et au pacte de responsabilité apportant sans contrepartie 42 milliards d’euros aux entreprises, sans doute François Hollande n’a-t-il cessé, tout au long de ces dernières années, de caresser les patrons dans le sens du poil, au point d’exaspérer sans cesse davantage son propre camp et de l’entraîner vers un naufrage historique.

Mais, passablement ingrat, le patronat fait depuis longtemps grief au pouvoir socialiste de réformer de manière brouillonne et sans énergie, sinon même en tergiversant. Alors, puisque la perspective d’un retour de la droite aux affaires semble se profiler, avec à la clef la mise en œuvre de réformes sociales encore plus radicales, on aurait pu penser que le patronat aurait toutes les raisons d’être aux anges.

Et pourtant, non ! Il règne même actuellement un drôle de climat dans les instances dirigeantes du patronat. Cris, chuchotements, complots : le Medef est entré depuis de longues semaines dans une période de convulsions sinon de crise. En somme, la bataille pour la succession de Pierre Gattaz, l’actuel président du Medef, est dès à présent lancée et elle recoupe une controverse très importante sur les choix économiques et sociaux autour desquels s’affrontent deux camps principaux. D’un côté, les « libéraux » ; de l’autre, les « sociaux »…

Mais attention ! La terminologie patronale n’a pas grand-chose à voir avec la terminologie ordinaire. En langage Medef, les « sociaux », regroupés essentiellement autour de la puissante fédération de l’Union des industries et des métiers de la métallurgie (UIMM), s’apparentent beaucoup à ce que l’on dénomme ordinairement les ultralibéraux ; c’est dire si ceux que l’on dénomme les « libéraux » le sont furieusement plus que cet intitulé ne le suggère…

Alors, si les mots ne veulent pas dire grand-chose, le mieux pour comprendre les zizanies patronales ainsi que leurs enjeux, c’est de rentrer dans les méandres des luttes intestines qui ont agité le Medef ces dernières années.

An milieu des années 2000, quand Laurence Parisot est parvenue à prendre la présidence du Medef, les lignes de fracture qui apparaissaient au sein du mouvement patronal étaient en vérité assez simples à discerner. Adoubée et soutenue à bout de bras par Michel Pébereau, qui était à l’époque l’homme fort de la banque BNP Paribas mais aussi le chef de file des grands patrons proches de Nicolas Sarkozy, elle a constitué pendant un temps un espoir pour les clans les plus radicaux du patronat qui rêvaient d’un véritable big-bang social et d’une sortie du modèle social français issu de la Libération. Elle a d’autant plus incarné ce rêve de rupture qu’en 2007, deux ans après son élection à la tête du Medef et juste au lendemain de l’élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République, l’affaire des caisses noires de l’UIMM – servant notamment à « fluidifier les relations sociales », selon la formule célèbre du patron de l’époque de la puissante fédération, Denis Gautier-Sauvagnac – a été mise au jour…

Beaucoup y ont donc vu une formidable occasion pour faire du passé table rase et dynamiter les relations sociales. Tout en dynamitant le rôle de pivot de l’UIMM dans ces relations…

Las ! La rupture souhaitée par beaucoup de hiérarques du Medef ne s’est pas produite à l’époque. D’abord, Laurence Parisot s’est surtout distinguée en faisant prendre au Medef des positions sur des questions qui ne lui étaient pas familières – par exemple touchant au combat contre les discriminations. Et pour beaucoup de hiérarques du Medef, elle est assez vite devenue une « usurpatrice », selon la formule de l’un d’entre eux.

Et puis surtout, pour beaucoup de patrons, la présidence de Nicolas Sarkozy a constitué une immense déception. Alors qu’ils attendaient de lui qu’il mette en œuvre ce « big-bang » social, ils ont eu progressivement le sentiment que le chef de l’État multipliaient certes les mesures en faveur des contribuables les plus fortunés, mais sans être véritablement à leur écoute. Résultat : à leurs yeux, la plupart des mesures sarkozystes ont raté leur cible, ou se sont avérées décevantes : au lieu de satisfaire la revendication, ultra-populaire au sein du patronat, d’un démantèlement des 35 heures, le patronat a hérité de la réforme de la défiscalisation des heures supplémentaires, dont il n’était pas demandeur ; au lieu de profiter d’une remise en cause radicale du droit du licenciement et d’un dynamitage véritable du code du travail, le patronat n’a profité que de mesures plus ponctuelles en ce sens, comme le contrat de mission ou la rupture amiable du contrat de travail.

Sans qu’on ne le remarque véritablement sur le moment, il se produit donc, au tournant des années 2010, un véritable divorce entre le mouvement patronal et Nicolas Sarkozy. Un mouvement patronal qui éprouve un sentiment croissant d’exaspération et qui entre dans une phase de radicalisation. En quelque sorte, ce qu’un ancien dirigeant du Medef, Denis Kessler, avait dit quelques années plus tôt dans le magazine Challenges (le 4 octobre 2007), mais sur le registre de la provocation – il faut détricoter au plus vite le modèle social issu du Conseil national de la résistance –, devient un mot d’ordre immensément populaire au sein du mouvement patronal.

En bref, il se passe, au tournant des années 2010, un tournant radical, même s’il est encore peu visible, au sein du Medef et des troupes qu’il fédère, pour sortir une bonne fois pour toutes des relations du travail issues de l’après-guerre. Pas seulement pour engager des réformes structurelles, selon le jargon néolibéral, libéralisant par exemple le marché du travail ; plus profondément, pour changer radicalement les règles du jeu social, les refonder totalement…

C’est donc de cette situation qu’hérite François Hollande quand il accède en 2012 à l’Élysée. Une situation pour le moins paradoxale et qui le prend de court : il a beau multiplier les gestes en direction du patronat, engager un pacte de responsabilité terriblement dispendieux, dynamiter le code du travail beaucoup plus violemment que ne l’avait fait son prédécesseur de droite, il n’en tire aucun profit politique. C’est même pis que cela ! La colère sociale va prendre de plus en plus d’ampleur dans le pays – jusqu’à atteindre son paroxysme avec le mouvement contre la loi sur le travail ; mais le patronat ne lui en manifestera pas la moindre gratitude. Perdant, comme c’était prévisible, sur tous les tableaux…

En cette fin crépusculaire du quinquennat socialiste, la situation est même encore plus confuse que cela. Depuis de longs mois, de nombreuses fédérations du Medef en sont venues à la conclusion qu’il serait proprement inadmissible de rendre le service à François Hollande de signer le moindre accord social dont il pourrait se prévaloir, aussi loin irait-il dans la déréglementation du travail. De nombreuses fédérations, mais pas… l’UIMM, qui se veut plus pragmatique et qui ne veut pas saborder un éventuel accord au seul motif que François Hollande pourrait s’en prévaloir. Et c’est ici qu’intervient la ligne de démarcation entre les « libéraux », regroupés autour des fédérations des banques, de l’assurance, du bâtiment et des travaux publics ou encore du numérique (Syntec), et les « sociaux », emmenés par la très puissante fédération de l’UIMM : les premiers reprochent périodiquement aux seconds d’être disposés, en certaines circonstances, à signer des accords ou des projets dont le gouvernement socialiste pourrait tirer argument. Et réciproquement : les seconds font grief aux premiers de prendre le mouvement patronal en otage en refusant tout accord social pendant cette dernière année du quinquennat socialiste.

C’est à la lumière de cet antagonisme souterrain que l’on peut décrypter les convulsions violentes qui sont intervenues au sein du Medef tout au long de ces derniers mois. Dans le jeu social auquel participe le Medef, l’UIMM joue traditionnellement un rôle majeur. Car c’est lui, historiquement, qui a la main sur les grandes négociations sociales auxquelles participe le mouvement patronal. Mais ce qui est vrai depuis de nombreuses décennies l’est plus encore sous la présidence de Pierre Gattaz. Sans doute les questions sociales ennuient-elles l’actuel patron des patrons, qui est coutumier des déclarations à l’emporte-pièce, mais n’est pas connu comme un expert des arcanes complexes du droit du travail. Aussi a-t-il délégué à l’actuel président de l’UIMM, Alexandre Saubot, qui est aussi le vice-président du Medef, un champ de compétences sur les dossiers sociaux beaucoup plus vaste qu’à l’accoutumée : c’est lui qui pilote les négociations concernant les relations du travail, mais il a aussi la haute main – ce qui n’a pas toujours été le cas dans le passé – sur le dossier de la formation ou encore sur celui de l’assurance chômage.

Or, depuis bientôt un an, les fédérations qui se rangent dans le camp des « libéraux » sont entrées en résistance contre l’UIMM. Elles lui reprochent la manière dont elle a conduit plusieurs importantes négociations sociales. Et elles font le reproche à Pierre Gattaz d’avoir manqué de vigilance et d’avoir failli laisser passer des accords à leurs yeux inadmissibles. La colère de ces six fédérations à pris une telle ampleur qu’elle a même pris une tournure quasi publique : les « frondeurs » – ils se dénomment eux-mêmes de la sorte – ont créé une sorte de pôle social bis et ont tenu des réunions spécifiques pour expertiser les dossiers en négociation, officiellement sous la responsabilité de l’UIMM. Si les « frondeurs » patronaux ont cessé depuis quelques semaines de tenir ces réunions séparées, la colère n’est pourtant pas retombée : ils sont toujours l’arme au pied, prêts à en découdre à la première occasion.

Au cours des mois écoulés, deux grandes affaires ont attisé cette grogne. Il y a d’abord eu, en janvier 2015, la négociation sur la modernisation du dialogue social, au cours de laquelle Alexandre Saubot, selon ses détracteurs, est allé bien au-delà de son mandat et a donné son accord, en guise de concession, à la réforme proposée conduisant à une représentation syndicale dans les « Très petites entreprises » (moins de 11 salariés, TPE) – disposition qui aurait été entérinée par le Medef si les frondeurs, c’est du moins leur version, n’avaient alerté en pleine nuit Pierre Gattaz et ne l’avaient sommé d’y mettre bon ordre.

Beaucoup plus récemment, la négociation sur l’assurance chômage, qui a finalement débouché sur un échec en juin 2016, a donné lieu à un psychodrame strictement identique. Car le patron de l’UIMM, Alexandre Saubot, qui conduisait la délégation patronale, était disposé à signer un accord, au motif qu’il prévoyait pas loin de 1,2 milliard d’euros d’économies, et était disposé en contrepartie à faire un geste sur la taxation des contrats courts. Mais cette fois encore les « frondeurs » sont montés au front et sont parvenus à faire capoter le deal secret que Pierre Gattaz était visiblement parvenu à passer avec Manuel Valls. Lequel Manuel Valls a fait des déclarations maladroites qui ont encore compliqué davantage la situation et conduit à l’échec des pourparlers.

C’est peu dire, donc, que les couteaux sont tirés au sein du patronat. Et l’étrange personnalité de Pierre Gattaz contribue sans doute aussi au maelström actuel. D’allure bonhomme, le président du Medef n’est, de fait, guère réputé pour son habileté. Et des gaffes et des maladresses, il en commet visiblement plus qu’à son tour. L’une de ses sorties récentes a ainsi pétrifié les instances dirigeantes du mouvement patronal. Conduisant, en novembre, une délégation de chefs d’entreprise en Chine – et de très nombreux permanents de l’organisation, ce qui a choqué quelques responsables patronaux –, il a lâché cette niaiserie, qui se voulait drôle, rapportée par le journal L’Opinion : « J’ai quitté un pays communiste, la France, pour venir dans un pays libéral, la Chine. »

Mais, pour les « frondeurs », il y a plus inquiétant que cela. Beaucoup observent que si Pierre Gattaz lâche la bride à Alexandre Saubot sur les questions sociales, c’est peut-être aussi pour des raisons qui n’ont pas seulement à voir avec son désintérêt pour ces questions. Des raisons qui font grand bruit dans les instances dirigeantes du Medef et qui sont pour le moins cocasses car elles tournent autour d’une question incongrue, ressassée par de nombreux « frondeurs » : mais pourquoi y a-t-il donc, discrètement, dans l’entourage direct de Pierre Gattaz, autant de personnalités… de gauche ?

La personnalité qui attise le plus de curiosité est une dénommée Thaima Samman. Elle a, de fait, un profil et un parcours qui surprennent. Membre, au début des années 1980, de la tendance « Villetaneuse » de l’Unef, qu’animait l’ex-trotskiste Julien Dray, devenu socialiste, elle a fait partie avec lui des membres fondateurs de SOS Racisme, avant de devenir, plus tard, attachée parlementaire de Claude Bartolone, l’actuel président (PS) de l’Assemblée nationale.

Avec ce passé, l’intéressée, qui a fondé par la suite un cabinet d’avocats, dit avoir rompu. Et elle assure qu’elle n’est sous contrat avec aucun ministère et ne perçoit au titre de ses honoraires pas un centime d’argent public – contrairement à ce que subodorent certains « frondeurs » patronaux. Mais enfin ! À n’en pas douter, si Pierre Gattaz a recours à ses services, c’est qu’il n’a jamais eu le moindre réseau, ni à droite, ni à gauche. Thaima Samman lui ouvre donc les portes utiles, du côté de la puissance publique. À la manière d’un Stéphane Fouks (Havas), elle est, somme toute, très représentative d’une petite oligarchie parisienne qui vit à la lisière de deux mondes : « Un pied dans le PS ! Un pied dans le business », dit d’elle quelqu’un qui la connaît de longue date.

Un peu embarrassée que l’on ait découvert son rôle dans l’ombre du patron des patrons, c’est ce dont elle convient elle-même sans trop de difficulté : son office auprès du président du Medef, c’est « le décryptage du fonctionnement institutionnel ». Pour cela, elle perçoit des honoraires annuels qui avoisinent les 100 000 euros, chiffre qu’elle ne veut pas confirmer.

Mais la curiosité de la situation, c’est que dans l’entourage de Pierre Gattaz, elle n’est pas la seule à venir des mêmes horizons – ce qui fait beaucoup jaser dans les cénacles patronaux. Il y a encore Olivier Gainon, le directeur de cabinet du même patron des patrons. Social-libéral, il est devenu l’un des hommes forts de l’organisation patronale. Or, lui aussi a navigué, plus jeune, dans la mouvance socialiste : Thaima Samman convient sans difficulté qu’elle l’a croisé, en d’autres temps, dans les groupes de réflexion sur le numérique du Parti socialiste.

Et ce n’est toujours pas tout. Depuis pas mal de temps, un rite désormais quasi hebdomadaire intrigue beaucoup certains hiérarques du Medef : chaque jeudi matin, le président du Medef – ou, en son absence, son directeur de cabinet – rencontre Jean-Marie Le Guen. Pour être confidentielle, la réunion n’en est pas moins institutionnalisée. En quelque sorte, Jean-Marie Le Guen dispose d’un double portefeuille : il est officiellement le ministre des relations avec le Parlement et, officieusement, le ministre des relations avec le patronat, visiblement mandaté pour cette dernière mission discrète par Manuel Valls.

Pour les « frondeurs », tout cela finit donc par faire beaucoup. Nul ne soupçonne, certes, le président du Medef de se faire manipuler par des officiers traitants du pouvoir socialiste. Mais à cause de cet entrelacs de relations complexes qu’il a tissé, peut-être Pierre Gattaz a-t-il fini par se faire endormir, sinon se faire piéger.

Dans cette suspicion qu’entretiennent certains hiérarques « frondeurs », sans doute y a-t-il un peu de schizophrénie. Car Thaima Samman, pour ne parler que d’elle, travaille depuis longtemps avec Pierre Gattaz. Elle avait déjà une mission de conseil auprès de lui, du temps où il présidait la Fédération des industries électriques, électroniques et de communication (FIEEC), de 2007 à 2013. Quand, à cette échéance, il est devenu président du Medef, elle a tout bonnement conservé la mission qu’elle avait préalablement auprès de lui.

Il n’empêche ! Les rumeurs aigres-douces qui circulent au sujet des rôles réels ou supposés de Thaima Samman, Olivier Gainon ou Jean-Marie Le Guen en disent très long sur l’état d’extrême nervosité qui prévaut au sein du mouvement patronal. Un climat qui risque de se prolonger encore de longs mois, car si ces luttes intestines ont pris une telle intensité, c’est aussi parce que la bataille pour la succession de Pierre Gattaz est déjà lancée.

Arrivé à la tête du Medef, ce dernier a en effet respecté l’engagement qu’il avait pris : il a fait voter une réforme des statuts au terme de laquelle le mandat du patron des patrons dure cinq ans et ne peut être renouvelé une deuxième fois. Le 3 juillet 2018, Pierre Gattaz cédera donc la place à son successeur.

Et qui sera-t-il ? La confrontation rugueuse qui a commencé au sein du Medef permet au moins de deviner le choix auquel sera confrontée l’organisation patronale. En toute logique, les « frondeurs » patronaux auront pour champion Geoffroy Roux de Bézieux (l’ancien patron de l’opérateur Virgin Mobile, revendu en 2014 à Patrick Drahi), qui ne fait guère mystère de ses ambitions. Et il pourrait avoir en face de lui le patron de l’UIMM, Alexandre Saubot, même si ce dernier est moins prolixe sur ses intentions.

Pour l’heure, cette confrontation ne se mène pas encore sur la place publique et l’on peine à discerner les divergences de doctrine véritables qui opposent les « sociaux » aux « libéraux ». En vérité, ils apparaissent tous très libéraux, et même radicaux-libéraux. Et la seule divergence de fond que l’on parvient à nettement discerner tient à l’attitude à adopter face au pouvoir socialiste.

De surcroît, l’éventuelle victoire de François Fillon – qui avait les faveurs d’une bonne partie du patronat avant ce premier tour des primaires de la droite – risque de mettre tout le monde d’accord. Car, comme tous ces rivaux, à la notable exception de Nicolas Sarkozy, l’ancien premier ministre a annoncé que, chef de l’État, il demanderait au gouvernement choisi par lui de gouverner dans un premier temps par ordonnances, le temps de mener les réformes les plus radicales ou politiquement les plus explosives, qu’il s’agisse de la suppression définitive des 35 heures, ouvrant la voie à des accords d’entreprise sur la durée légale du travail pouvant aller jusqu’à 48 heures hebdomadaires ; d’une nouvelle simplification des procédures de licenciement, ou encore d’un électrochoc du régime d’assurance chômage, avec des indemnités devenant dégressives…

Or, face à ce projet d’ordonnances, le patronat est schizophrène. Il a tellement envie que la France sorte une bonne fois pour toutes des relations du travail et du modèle social issu de la Libération qu’il appelle de ses vœux un tel séisme. Mais les différentes composantes du Medef savent aussi pertinemment que le recours des ordonnances, c’est la mise entre parenthèses des partenaires sociaux, pour un temps long ou du moins pour un moment décisif – les débuts du prochain quinquennat. Et du même coup, la mise entre parenthèses du Medef lui-même.

Mais pourtant, pour le Medef, ce dilemme n’en est pas un ! C’est au moins ce qui rassemble les deux familles ennemies du Medef : elles appellent tellement de leurs souhaits un séisme social, une recomposition radicale des relations du travail, qu’elles sont prêtes à encourir le risque d’une perte d’influence. Il faut dire que ce risque est toutefois très relatif. Car si les confédérations syndicales risquent d’être totalement court-circuitées par l’autoritarisme social découlant des ordonnances, le patronat a beaucoup moins à perdre. Car, dès avant les primaires, de nombreux contacts, pas seulement officiels, avaient déjà été engagés entre d’une part, le Medef et ses différentes composantes, et de l’autre, les différents candidats de droite. Mais si, d’aventure, François Fillon devait l’emporter, il coule de source que ces contacts s’intensifieraient. Et que le Medef, sinon les syndicats, seraient fortement consultés, dans les coulisses du pouvoir, dans la phase préparatoire des ordonnances.

C’est donc cette bataille qui est engagée dès à présent dans les rangs du Medef. Une bataille âpre entre les « très radicaux » et les « très-très radicaux ». En somme, ce jeu d’influences au sein du Medef, la surenchère à laquelle se livrent les différentes fractions qui s’opposent, viennent confirmer ce que laisse déjà entrapercevoir une possible victoire de François Fillon : dans l’hypothèse d’une victoire présidentielle de François Fillon, sur fond de surenchères entre les différents clans patronaux, c’est un tremblement de terre social que la France pourrait s’apprêter à vivre, sans précédent depuis la Libération…
Source : Mediapart

27 novembre 2016

Hors-la-loi - Entrer en prison

Cette trilogie documentaire suit le parcours complet de six protagonistes mis en cause par la justice, depuis leur interpellation jusqu’à la fin de leur peine. À leurs côtés tout au long des procédures judiciaires, dans les lieux de police, de justice et de détention, le film propose une expérience singulière qui confronte le spectateur aux réalités concrètes de la mécanique judiciaire.

Ils ont été incarcérés après avoir commis un grave délit, tentative d’homicide, cambriolage ou agression sexuelle. Pour ces six prisonniers se pose alors la question du temps de peine, entre une détention indéfiniment provisoire et les passages par les juridictions d’appel. Le souvenir des faits commis devient de plus en plus lointain et chacun tente désormais de s’adapter à un environnement dans lequel il pourrait bien rester des années.

22 novembre 2016

La fin de l'Univers

Le destin de l'Univers fait partie des questions fondamentales de la cosmologie. Elle a trait à l'évolution future de l'expansion de l'Univers. Pendant longtemps elle a été focalisée sur la question de savoir si l'expansion observée actuellement se poursuivrait indéfiniment ou s'interromprait pour laisser place à une phase de contraction menant au Big Crunch, un effondrement général de l'Univers, analogiquement inverse du Big Bang. Aujourd'hui cette première question parait essentiellement résolue en ce sens que toutes les observations indiquent que l'expansion ne s'arrêtera pas. Cependant, le devenir exact de l'Univers est susceptible d'être décrit par plusieurs scénarios assez différents, allant de la mort thermique de l'Univers (en anglais Big Chill, c'est-à-dire un refroidissement indéfini résultant de l'expansion), au Big Rip, un scénario catastrophique où l'Univers est détruit en un temps fini.

La non-assistance à personne en danger

Ce document tente de revenir sur les faits précis pour expliquer la passivité des témoins (effet spectateur). S'agit-il d'un simple manque de courage ou d'empathie ? La peur a-t-elle été paralysante ? 

Qu'est-ce qui pousse un individu à venir au secours d'une personne en péril. Face à une agression, le témoin qui demeure passif est traversé par maintes interrogations. 

La journaliste Aurélia Bloch a elle aussi été témoin d'un viol et n'a pas agi. Est-elle coupable de non-assistance à personne en danger ? Pour la première fois, elle relate cette histoire qui la hante depuis des années

15 novembre 2016

Les origines de l'Humanité

Il y a 60 millions d’années, une planète située entre Mars et Jupiter a littéralement explosé en une multitude d’astéroides qui sont venus percuter les autres planètes du système solaire, entraînant la fin des dinosaures sur Terre, ainsi que la disparition de plusieurs civilisations sur d’autres planètes... 

Dans un univers où une vie intelligente existe sous de multiples formes et dans une multitude de dimensions, ce document explique que l’être humain doit aujourd’hui prendre conscience du pouvoir de son esprit sur la matière, sur sa planète, et sur son avenir.

Ce document nous raconte de quelle manière les consciences humaines sont apparues sur notre planète, et comment elles ont progressivement intégré des corps matériels. Il passe ensuite en revue les grandes étapes du développement de l'Humanité sur Terre : civilisation adamique, hyperboréenne, lémurienne, Atlante, etc... Il nous explique en quoi nous sommes à un point de transition vers une nouvelle grande civilisation, fondée sur de nouvelles énergies spirituelles, afin que nous retrouvions la véritable nature de nos consciences.

En conscience

Depuis la nuit des temps, des individus ont vécu des expériences de mort imminente, des phénomènes d'expansion de conscience, ou encore des sorties hors du corps. Nous sommes allés à la rencontre de quelques-unes de ces personnes qui ont accepté de témoigner : qu'ont-elles vécu ? Qu'ont-elles vu ? En quoi ces expériences étaient bien différentes de simples rêves ou d'hallucinations ?

Nous avons également interrogé des psychiatres, des psychologues en milieu hospitalier, et d'autres spécialistes pour tenter de percer la réalité de ces phénomènes. Que disent ces expériences sur notre conscience et sur la structure de la réalité ? Comment prendre conscience de la véritable nature de notre être ?


14 novembre 2016

Les trous noirs

En astrophysique, un trou noir est un objet céleste si compact que l'intensité de son champ gravitationnel empêche toute forme de matière ou de rayonnement de s’en échapper. De tels objets ne peuvent ni émettre, ni réfléchir la lumière et sont donc noirs, ce qui en astronomie revient à dire qu'ils sont invisibles. Toutefois, plusieurs techniques d’observation indirecte dans différentes longueurs d'ondes ont été mises au point et permettent d’étudier les phénomènes qu’ils induisent. En particulier, la matière happée par un trou noir est chauffée à des températures considérables avant d’être « engloutie » et émet une quantité importante de rayons X. Envisagée dès le 18e siècle, dans le cadre de la mécanique classique, leur existence — prédite par la relativité générale — est une certitude pour la quasi-totalité des astrophysiciens et des physiciens théoriciens. La gravitation étant le seul effet pouvant sortir d'un trou noir, une observation quasi-directe de trous noirs a pu être détaillée en février 2016 par le biais de la première observation directe des ondes gravitationnelles. Dans le cadre de la relativité générale, un trou noir est défini comme une singularité gravitationnelle occultée par un horizon absolu appelé horizon des événements. Selon la physique quantique, un trou noir est susceptible de s'évaporer par l'émission d'un rayonnement de corps noir appelé rayonnement de Hawking. Un trou noir ne doit pas être confondu avec un trou blanc ni avec un trou de ver.

Le saut quantique

En physique, un saut quantique est un changement brusque de l'état d'un système quantique de manière pratiquement instantanée. Cette dénomination fait allusion au constat que la nature viole en apparence un principe informel énoncé par Isaac Newton : « natura non facit saltum » (« La nature ne produit pas de bonds » - ou de discontinuités). Cette dénomination s'applique à plusieurs situations.

https://rutube.ru/video/d47856fe0526dd2c1fd5ba85b03359c1/

13 novembre 2016

Quand la France vacille !

A l'occasion de la commémoration des attentats perpétrés le 13 novembre 2015 dans les rues de Paris et au Stade de France à la Plaine-Saint-Denis, ce document livre une histoire non officielle des attentats et ont mené l'enquête et interviennent régulièrement pour éclairer et compléter les informations et les révélations. 

Au-delà des images qui ont profondément marqué tous les Français, ce document raconte, après des mois d'enquête, comment l'Etat a fait face à cette série d'attaques d'une ampleur inédite. Malgré les pressions, des policiers, des membres du RAID et des agents du renseignement ont pris le risque de s'exprimer, sans y être autorisés, devant la caméra.

NO COMMENT - Les commémorations en hommage des victimes de la série d'attentats à Paris

De nombreuses cérémonies de commémoration ont lieu en ce 13 novembre, un an jour pour jour après les attentats terroristes sanglants qui avaient secoué Paris, plongeant le pays dans la prostration et l'incertitude.

Un an après les attentats, une plaque commémorative en hommage aux victimes du 13 novembre est dévoilée aux abords du Stade de France, point de départ de la nuit d’horreur.

Menés par le président de la République, François Hollande et des responsables politiques se rendent devant les lieux publics des Xe et XIe arrondissements de Paris qui ont été attaqués, pour se recueillir et dévoiler des plaques en mémoire des personnes tuées sur les terrasses de café et au Bataclan.

11 novembre 2016

Au coeur d'une unité d'élite

Avec le RAID et le GIGN, la BRI (Brigade de Recherche et d'Intervention) constitue l'élite des forces de l'ordre en France. Créée au milieu des années 60 pour lutter contre le grand banditisme, cette unité spéciale de la police judiciaire est réputée pour ses enquêtes au long cours et ses techniques de filature.

L'une de ses forces premières : le flagrant délit. Interpeller les criminels au moment des faits, notamment lors de spectaculaires braquages à main armée, a valu à la BRI de nombreux succès. En situation de crise, ou en état d'urgence, les hommes de la BRI sont aussi appelés à intervenir, notamment en cas d'attaques terroristes. Lors de la prise d'otages de l'Hypercacher, c'est le blindé d'assaut de la BRI qui était en première ligne. Et dans le cadre de l'Euro (10 juin-10 juillet 2016), les hommes de la BRI sont d'ores et déjà mobilisés pour cet évènement sous haute tension.

Composée de 360 policiers, répartis dans une quinzaine de brigades en France, la BRI a exceptionnellement ouvert ses portes à Enquête Exclusive. Qui sont ces policiers d'élite ? Comment sont-ils recrutés, sachant que seuls 30 policiers sont sélectionnés par concours chaque année pour rejoindre la brigade ?

Pour la première fois, 3 BRI, celle de Nanterre, Versailles et Strasbourg, nous ont permis de suivre leur travail au quotidien, du début des enquêtes jusqu'aux interpellations en flagrant délit.

Avec la BRI Versailles, c'est une affaire de vols avec violence en bande organisée qui va mobiliser l'unité. Avec eux, nous découvrirons que les criminels sont prêts à tout pour échapper aux forces de l'ordre.

À Strasbourg, et avec le soutien des hommes de la BRI nationale, ce sont les vols par ruse qui occupent les enquêteurs. Leur objectif : démanteler un gang de braqueurs qui se faisait passer pour une unité de faux policiers.

Enfin, nous découvrirons l'autre facette de leur mission, la lutte anti-terroriste. Car aujourd'hui, grâce à l'expérience de ses hommes, la BRI est avec le RAID et le GIGN l'une des trois forces d'interventions prêtes à faire face à tout attentat.




8 novembre 2016

Tu nous manques Coluche !

Dans les années 80, entre la censure médiatique et une société française encore muselée par de nombreux tabous, comme l’homosexualité, la drogue ou le racisme, la grossièreté maîtrisée de Coluche vient bousculer l’ordre établi. Sur un texte qu’elle a écrit et qu’elle lit, Josiane Balasko revient sur les motivations de ce comique rebelle, à travers ses sketches mais aussi des images d’archives inédites. Ainsi, ce grand document permet de découvrir comment Coluche, tant dans ses sketches que lors de ses interventions télévisées, s’attaquait aux journalistes, aux hommes politiques, à l’armée ou à la police. Plus de 30 ans après sa disparition en 1986, l’humoriste a laissé des traces indélébiles dans la mémoire collective.

7 novembre 2016

L'Univers et ses mystères - Galaxies "extraterrestres"

Le Soleil est une étoile parmi les milliards qui peuplent notre galaxie, la Voie lactée, qui elle-même, est l'une des centaines de milliards de galaxies que nous connaissons à-travers l'Univers.  Le télescope Hubble nous permet de faire un magnifique voyage à-travers les brumes de l'histoire. Grâce à lui, nous avons pu remonter le temps, quasiment jusqu'au fameux Big Bang.

Chaque traînée de poussière, chaque bruit, chaque tâche de lumière représente un million d'étoile par ci, et un milliard par là. Si nous voulons connaître notre place dans l'univers, il nous suffit de lever les yeux, et de regarder loin, très loin, vers le royaume des galaxies extra-terrestres.  L’Univers regorge de phénomènes et d’éléments étranges qui restent encore à expliquer et à découvrir. Mais finalement l’objet le plus étrange de l’univers est a notre connaissance sous notre nez ; la Terre. Où la vie se développe. Ce n’est pas étrange ça ?

Les objets et les phénomènes les plus étranges que l'on ait découverts dans l'univers, ceux qui semblent appartenir à la science fiction, ceux qui sont les surprenants et les plus inaccessibles pour notre imaginaire et notre esprit.Il existe dans l'univers, de nombreux objets et phénomènes étranges qui nous dépassent et que nous ne comprenons pas. Parmi ces phénomènes, on peut citer les nuages interstellaires, dont le premier a été découvert en 1975. Certains pensent que ces nuages seraient à l'origine de la vie sur la Terre. Pourquoi ? Parce que ces nuages stellaires seraient composés des mêmes éléments organiques que notre planète.

Parmi les autres objets étranges de l'univers, certains astronomes pensent qu'il existerait une planète X dans notre système solaire, c'est-à-dire une planète inconnue que nous n'aurions pas encore découverte. Après tout, la découverte de Pluton (planète naine) est récente.

C'est encore plus vrai pour Eris (également une planète naine), découverte en 2006. De ce fait, il est possible que nos télescopes, toujours de plus en plus en puissants, repèrent une planète que nous n'aurions pas encore aperçue dans notre vaste système solaire. Ce document s'intéresse également aux étoiles à neutrons: les pulsars et les magnétars.

Qu'est ce qui différencie ces deux étoiles à neutrons ? Les magnétars tournent plus lentement que les pulsars et sont pourvus d'un champ magnétique extrêmement puissant. Or, certains astronomes ont pu observer une étoile qui était une combinaison entre ces deux types d'étoiles soi-disant très distinctes.
En résumé, ils ont observé une étoile à neutrons qui était à la fois un pulsar et un magnétar.

D'autres objets plus connus de l'astronomie nous interrogent également. C'est le cas des astéroïdes. Parmi eux, se distingue Toutatis qui a une orbite et une rotation très particulière. Toutatis fait donc partie des objets étranges de notre système solaire. C'est également un astéroïde qui a failli frapper la Terre en 2004 et il devrait à nouveau passer près de notre planète aux alentours du 26e siècle. Miranda est un astéroïde étrange également.

Miranda semble composer de plusieurs parties de planètes, sa surface interroge la communauté des scientifique. On ne sait pas comment cet astéroïde a pu se former.

Les trous noirs font évidemment partie des objets étranges de l'univers. Toutefois, certains astronomes pensent qu'il existe des mini-trous noirs, mais leur existence n'est pas encore prouvée. Ces mini trous noirs seraient des vestiges du Big Bang (la naissance de l'univers). D'ailleurs, en Suisse, des scientifiques essaient de créer des mini-trous noirs.

Aussi étrange que cela puisse paraître, les planètes et les étoiles ne représentent que 20 % de la matière qui compose l'univers. Le reste, c'est de la matière noire, une matière invisible. Même chose pour l'énergie sombre qui correspond à la plus grande énergie de l'univers. C'est une sorte d'anti-gravité qui aurait pour conséquence l'expansion de l'univers. Les scientifiques se penchent sur la question.

Tous ces phénomènes étranges nous interrogent sur l'infinité du cosmos, un cosmos que nous connaissons encore très mal, certains phénomènes physiques nous dépassant totalement. Mais parmi tous ces objets et phénomènes bizarres, le plus étrange reste probablement l'homme lui-même, dans toute sa complexité, et dans le fait que nous sommes, pour le moment, absolument uniques.

FLASH - Quand la personne ne donne plus aucun signe de vie

Sans doute la pire des manières de rompre. Ne plus appeler. Ne plus donner signe de vie. Ne plus aller aux rendez-vous. Une méthode de rupture assez fréquente pour dire STOP ! Cette méthode s'appelle le ghosting qui a pour but : rompre en ne donnant aucune nouvelle pour de bon.

C'est une technique de rupture cruelle et qualifié de lâche : quitter quelqu'un sans prévenir et sans aucune explication. Bannir de ses contacts sur les réseaux sociaux, filtrer ses appels et SMS... L'autre devient un fantôme – d'où le terme de "ghosting". Et les conséquences de ce type de rupture peuvent être catastrophiques !

Ne plus décrocher le téléphone. Changer volontairement de numéro de téléphone. Changer de ville. Partir au bout du monde. Ne rien dire. Ne pas expliquer. Ne pas donner de raisons. Se marier avec un(e) autre. Oublier cet amour-là. Le rayer de sa vie. Rompre en faisant l’autruche est certes une solution radicale, mais elle bouleverse à l’extrême votre partenaire quitté, qui n’a aucune explication, aucune raison, qui peut même se demander s’il ne vous est rien arrivé de grave, qui va vouloir sans doute mener une enquête personnelle pour savoir ce que vous êtes devenu, qui va passer des jours à s’interroger, à essayer de comprendre puisque vous n’aurez donné aucune raison à votre absence, sauf si vous aviez auparavant menacé d’agir ainsi par ras le bol.

Ce phénomène a même été l'objet d'une étude en 2014 : selon un sondage mené sur un millier de personnes par You Gov et le Huffington Post, 11% des personnes ont déjà utilisé cette technique pour mettre fin à une relation devenue indésirable et 13% ont été "ghostés". Et même les people s'y mettent. Charlize Theron avait, selon certains magazines, cessé de répondre aux appels et aux SMS de Sean Penn pour lui signifier la rupture – allégations que l'actrice a toutefois démenti depuis.

La personne plaquée attendra peut-être toute sa vie votre retour. Si la torture est votre domaine de prédilection, vous pouvez agir ainsi. Mais cette action dépasse de loin la lâcheté. Elle nie parfaitement l’autre, que vous avez pourtant aimée, comme si elle n’avait jamais existé. Pas très fair-play comme méthode.

Elle peut laisser sur le carreau à force de remise en question sans aucune réponse de votre part. À utiliser si vous avez un cœur de pierre, une détermination sans faille, et si vous êtes sûr de toujours être capable de vous regarder dans le miroir, tous les matins du monde !

Selon Vincent Cespedes, ce type de rupture est inhérent à la manière dont nous concevons les rencontres avec les nouvelles technologies et ses applications de rencontre ultra rapides: "On a un usage consumériste de l'amour. Le ghosting c'est ça, on vit tout ce qu'on a à vivre avec une personne et ensuite c'est poubelle !" Et de déplorer : "Ça montre que les relations amoureuses sont de plus en plus en dehors du cercle de la responsabilité par rapport à l'autre. Alors qu'on exige cette responsabilité dans l'amitié: vous voulez quelqu'un de fidèle, de loyal. En amour, on est loin de l'amitié".

Une forme de lâcheté dont n'ont pas toujours conscience les "ghosteurs": "Souvent ceux qui ghostent argumentent en disant qu'ils souffrent trop et qu'ils n'ont pas la force d'assumer une explication. Ils se positionnent comme victime alors qu'ils font énormément de mal", observe Vincent Cespedes.

Le fait de ne plus donner aucun signe de vie sur plusieurs jours consécutifs se traduira d'office par un bannissement immédiat pour négligence totale. Lorsque j'ai eu des cas de ghosting en 2004, 2006 et 2007 : j'ai tout simplement arrêté les frais.





Source : Larguer.com et BFM

6 novembre 2016

Les plus grandes étoiles de l'Univers

Il y a tellement d'étoiles dans l'univers qu'il est impossible de toutes les connaître. D'ailleurs, on ne sait même pas combien il y en a exactement dans notre galaxie. Pour les astronomes, il est plutôt question d'évaluer leur masse en prenant pour référence celle du Soleil : 1,98892 x 1030 kg, soit 333.000 fois celle de la Terre ou 1.048 fois celle de Jupiter. Par exemple, la Voie lactée a une masse estimée à 200 milliards de fois celle du Soleil. De type naine jaune, le Soleil est une étoile aux dimensions relativement modestes. Son diamètre est de 1,392 million de kilomètres, soit 109 fois celui de la Terre. Il faudrait environ 1,3 million de planètes semblables pour le remplir intégralement. À noter enfin que notre étoile représente à elle seule 99,86 % de la masse totale du Système solaire. En matière d'étoile, il y a donc deux sortes de colosses : les géantes et les massives.

Aux frontieres de l'Univers

Grâce à des images des plus grands télescopes du monde, d'effets visuels et numériques, ce documentaire propose des escales sur les planètes de notre système solaire et explique comment elles sont nées. Ce voyage est aussi l'occasion de côtoyer des étoiles, des comètes, des astéroïdes et des trous noirs. Ce document s'attarde aussi au mystère du big bang. Grâce à cette odyssée intersidérale, découvrez les phénomènes les plus violents de notre galaxie.

4 novembre 2016

FLASH - Le gouvernement français autorise un fichage sans précédent de son peuple - SOURIEZ, VOUS ETES FICHES !

Vous vous souvenez du fichier Edvige en 2008 ? Vous allez adorer TES qui fichera tous les Français. Après Edvige, voici TES !

Un décret publié au Journal officiel dimanche 30 octobre autorise la création d’un fichier regroupant les informations biométriques de l’ensemble des détenteurs de passeport ou de carte d’identité âgés de plus de 12 ans. Soit, à terme, près de 60 millions de Français n’ayant commis aucune infraction. Officiellement, il s’agit de lutter contre la fraude et la falsification de documents.

C’est par un décret, qui aurait pu passer inaperçu, publié sans annonce préalable auJournal officiel du 30 octobre, en plein pont de la Toussaint, que le gouvernement a décidé de créer le plus important fichier de l’histoire de France. Repéré dans un premier temps par le site Nextinpact, ce texte autorise la création du fichier des « titres électroniques sécurisés » (TES) regroupant les données biométriques de l’ensemble des détenteurs de passeport et de carte d’identité, soit, à terme, près de 60 millions de personnes.

Ses détracteurs évoquent déjà un « fichier monstre », un « fichier des gens honnêtes », dans lequel serait inscrit chaque citoyen, à l’exception des mineurs de moins de 12 ans.
  • Qu’est-ce qui existait déjà ?
Depuis 1955, les données liées à la création des cartes d’identité sont enregistrées dans le fichier national de gestion (FNG) pour la carte nationale d'identité (CNI), prévu par ledécret du 22 octobre 1955. À l’exception de la photographie et de l’empreinte digitale, qui, elles, sont uniquement consignées dans les fichiers papier de chaque préfecture. Pour les passeports, un fichier plus récent, créé par décret en 2005 et déjà appelé Titres électroniques sécurisés (TES), centralise toutes les données numérisées, y compris, depuis 2009, les biométriques (photographie et empreintes digitales de deux doigts). Jusqu’à présent, n’étaient fichés que les seuls détenteurs d’un passeport « biométrique », c’est-à-dire délivré après le décret du 30 avril 2008 et équipé d’une puce électronique. Dans celle-ci, sont stockées toute une série de données personnelles permettant d’identifier son possesseur : nom, âge, sexe, couleur des yeux, taille, domicile, données relatives à la filiation, données relatives au document en lui-même (date et lieu de délivrance, date d’expiration, etc.), ainsi que des images numérisées de la photo d’identité et de deux empreintes digitales. Ces données sont également stockées dans le fichier TES.
  • Pourquoi ce nouveau fichier ?
Le nouveau fichier TES étend aux cartes d’identité cette numérisation et cette centralisation des données biométriques, listant notamment couleur des yeux, taille, image numérisée du visage, empreintes digitales, adresse courriel et numéro de téléphone. Ces données seront conservées pendant quinze ans pour les passeports et vingt ans pour les cartes nationales d'identité (durées ramenées à dix ans et quinze ans pour les mineurs) par l’Agence nationale des titres sécurisés, sous la responsabilité de la direction des libertés publiques et des affaires juridiques du ministère de l’intérieur. « Il s’agit d’intégrer les données d’un fichier obsolescent qui existe déjà, le FNG, destiné à l’instruction des demandes de carte nationale d’identité, dans un fichier bien plus fiable, car récent, comportant notamment les données biométriques relatives aux passeports, biométrisés depuis 2009 », a expliqué Bernard Cazeneuve, le 2 novembre 2016, lors des questions au gouvernement à l’Assemblée. Désormais, ce ne sont donc plus seulement quelque 15 millions de Français détenteurs d’un passeport biométrique qui seront inscrits sur ce fichier, mais l’ensemble des Français disposant d’une carte d’identité.

Le gouvernement avance deux objectifs : accélérer le traitement des demandes de carte d’identité en mutualisant les outils déjà utilisés pour les passeports et mieux lutter contre les usurpations d’identité. Au regard de ces objectifs, ce mégafichier est-il vraiment proportionné ? Difficile à dire puisque le choix du gouvernement socialiste de passer par un décret et non par le Parlement – comme la loi de 1978 l’y autorise – lui a permis de s'affranchir d'une étude d'impact et donc de tout chiffrage. À lire les derniers chiffres disponibles de l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales, le problème des usurpations d’identité n’est cependant pas si alarmant. En 2014, la police et la gendarmerie ont saisi 5 910 faux documents d’identité, un nombre en baisse de 29 % depuis 2005 (8 361 cas constatés). De son côté, la police aux frontières a saisi la même année 6 429 documents français frauduleux, dont 975 titres de séjour, 933 cartes d’identité, 544 actes d’état civil, 517 passeports, 248 permis de conduire, 141 visas et 47 composteurs et timbres.

Des chiffres à mettre en regard des 60 millions de personnes qui vont ainsi se retrouver fichées. En octobre 2011, se montrant bien plus sévère qu’aujourd’hui sur le « fichier des honnêtes gens » porté par la droite, la Cnil avait critiqué le principe même d’une centralisation des données biométriques des Français. « La proportionnalité de la conservation sous forme centralisée de données biométriques, au regard de l'objectif légitime de lutte contre la fraude documentaire, n'est pas à ce jour démontrée », estimait-elle alors. Aujourd’hui, elle juge « déterminées, explicites et légitimes » les finalités du nouveau fichier TES, demandant cependant que le Parlement soit saisi et que soit étudiée l’alternative d’une puce. En avril 2011, le sénateur LR François Pillet notait dans son rapport sur la création du « fichier des honnêtes gens que presque aucune démocratie occidentale n'a souhaité créer un fichier central biométrique de la population ». « Si plus de douze pays [européens – ndlr] ont adopté une carte nationale d'identité électronique, en revanche, peu prévoient l'inclusion de données biométriques et presque aucun la mise en place d'un fichier central [à l’exception de l’Espagne – ndlr] », précisait-il à l’époque.
  • Quelle est la différence avec le fichier retoqué par le Conseil constitutionnel en 2012 ?
Contrairement au fichier dit « des honnêtes gens » en partie retoqué par le Conseil constitutionnel en mars 2012, le décret créant le nouveau fichier TES autorise uniquement l’authentification des demandeurs, non leur identification. Il permettra de vérifier l’identité avancée par le demandeur, en comparant automatiquement ses empreintes digitales avec celles déjà enregistrées à son nom, et non de rechercher l'identité d'une personne à partir de ses données biométriques.

Le décret prévoit que le fichier « ne comporte pas de dispositif de recherche permettant l'identification à partir de l'image numérisée du visage ou de l'image numérisée des empreintes digitales enregistrées dans ce traitement ». Le gouvernement argue donc qu’il s’agit d’un pur fichier administratif et non d’un fichier de police.

Comme tout fichier administratif, le nouveau TES peut cependant faire l'objet de réquisitions judiciaires. « En principe, le système est verrouillé, mais comme les réquisitions judiciaires permettront de retrouver quelqu’un à partir de sa photo, on ne peut pas dire que l’identification à partir des données biométriques sera techniquement impossible », remarque le député socialiste Gaëtan Gorce, membre de la Cnil. Le député regrette que le gouvernement ait créé ce « fichier monstre sans débat parlementaire qui aurait permis une procédure plus transparente sous contrôle du Conseil constitutionnel ».

Et légalement, une modification des finalités de ce fichier, en cas d’attentat ou de fait divers créant une grande émotion, semble assez facile. La loi du 6 janvier 1978 prévoit que les fichiers étatiques « qui portent sur des données biométriques nécessaires à l'authentification ou au contrôle de l'identité des personnes » peuvent être créés par « décret en Conseil d'État, pris après avis motivé et publié de la Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil) ». C’est ce que le gouvernement socialiste a fait pour créer ce nouveau fichier, au grand dam de la Cnil. « Les enjeux soulevés par la mise en œuvre d'un traitement comportant des données particulièrement sensibles relatives à près de 60 millions de Français auraient mérité une véritable étude d'impact et l'organisation d'un débat parlementaire », a regretté l’autorité administrative dans son avis.

Pour changer la finalité de ce mégafichier et rendre possibles des recherches à partir d’une empreinte digitale ou d’une photo, il suffira donc à un gouvernement de procéder de la même manière, par décret, après avis de la Cnil et examen du Conseil d’État. « Il y aurait un réel risque de censure du Conseil d’État, se basant sur la position du Conseil constitutionnel », nuance toutefois Gaëtan Gorce. En mars 2012, le Conseil constitutionnel avait en effet en partie retoqué la loi sur la protection de l’identité portée par la droite, au nom du « respect de la vie privée ».
  • Les socialos changent-ils d’avis comme de chemise ?
La fronde contre cette réforme avait, ironie du sort, été menée par un député socialiste qui se trouve être aujourd’hui l’un des plus ardents défenseurs du TES, le ministre de la justice Jean-Jacques Urvoas. Le garde des Sceaux s’est d’ailleurs justifié, sur Facebook, de ce revirement qui, selon lui, n’en est pas un. « Au nom de tout le groupe socialiste, je m’étais opposé au projet qui était contenu dans la loi relative à la protection de l’identité en mars 2012 », reconnaît l’ex-député socialiste. Mais, selon lui, cette opposition ne concernait que les modalités d’application, trop larges, du fichier TES, et non son principe. « Le Conseil constitutionnel que j’avais saisi avec plusieurs collègues socialistes avait censuré ces dispositions en raison de la pluralité des finalités et des modalités de consultation, considérant qu’elles portaient une atteinte disproportionnée au droit au respect de la vie privée. Il n’avait pas, en revanche, remis en cause le principe d’un fichier commun aux CNI et aux passeports. »

Jean-Jacques Urvoas conservant, sur son blog, un carnet précis de ses prises de position, il est pourtant facile de constater que le ministre de la justice a une mémoire très sélective. Le 6 mars 2012, le futur ministre de la justice semblait en tout cas bien conscient des dangers liés à la création d’un gigantesque fichier de la population française, quelles qu’en soient les modalités d’exploitation, que ce soit au niveau déontologique ou technique. « Ce texte contient la création d’un fichier à la puissance jamais atteinte dans notre pays puisqu’il va concerner la totalité de la population ! Aucune autre démocratie n’a osé franchir ce pas, s’indignait-il. Or, qui peut croire que les garanties juridiques que la majorité prétend donner seront infaillibles ? […] Aucun système informatique n’est impénétrable. Toutes les bases de données peuvent être piratées. Ce n’est toujours qu’une question de temps. »
  • Existe-t-il une alternative à ce fichier pour sécuriser les titres d’identité ?
Comme le souligne sur son blog François Pellegrini, informaticien, chercheur et commissaire à la Cnil, s’il s’agit seulement d’authentifier des personnes, la centralisation de leurs données biométriques dans un fichier est inutile. « L’authentification biométrique ne nécessite aucunement le recours à une base centrale », écrit-il. Si les données sont stockées de manière sécurisée sur la puce du document d’identité, « pour s’authentifier, la personne présente simultanément au dispositif de contrôle le titre sécurisé et la partie de son corps dont le ou les gabarits ont été extraits (pulpe des doigts, iris de l’œil, réseau veineux ou forme de la main, etc.). Le dispositif, sans avoir besoin d’aucune connexion avec une base centrale, peut alors lire (et éventuellement déchiffrer) le gabarit depuis le support, capter l’empreinte biométrique de la personne sur le lecteur adapté, et effectuer la comparaison entre les deux ». C’est d’ailleurs, souligne l’informaticien, exactement le dispositif actuellement en place dans le cadre du système de Passage automatisé rapide aux frontières extérieures (PARAFE), actuellement en place au sein de l’Union européenne. Mais, au lieu de sécuriser les documents, le décret pris par le gouvernement étend le fichier TES aux cartes d’identité, sans prévoir de dispositif de protection électronique. Au lieu d’être stockées dans le document lui-même, celles-ci le seront uniquement dans la base centralisée. Ce point fait d’ailleurs partie des quelques « critiques » formulées par la Cnil. Dans son avis, la commission souligne en effet que la loi de mars 2012 prévoyait bien, dans son article 2, d’introduire un « composant électronique » dans les cartes d’identité, et que ce point n’avait pas été censuré par le Conseil constitutionnel. Cette partie du texte est donc toujours valable. « L’application de cette mesure législative serait de nature à faciliter la lutte contre la fraude documentaire, tout en présentant moins de risques de détournement et d'atteintes au droit au respect de la vie privée. Elle permettrait de conserver les données biométriques sur un support individuel exclusivement détenu par la personne concernée, qui conserverait donc la maîtrise de ses données, réduisant les risques d'une utilisation à son insu », pointe la Cnil.

Notons également que Jean-Jacques Urvoas partageait cette analyse en 2012. Dans leur saisine du Conseil constitutionnel, les députés socialistes soulignaient en effet, « quant à la nécessité du fichier, que la simple comparaison entre les empreintes enregistrées dans la puce de la carte d’identité et les empreintes prises par le demandeur suffit à se prémunir contre toute falsification d’identité et à authentifier le titre présenté ».
  • Quels sont les autres risques d’un fichier aussi important ?
Mais, même dans ces conditions, les failles seraient encore nombreuses. Tout d’abord parce que ce dispositif n’écarte pas totalement les risques d’usurpation d’identité. En 2008, alors que l’Allemagne débattait également de l’introduction de son passeport électronique, le « E-Pass », les hackers du Chaos Computer Club avaient fait sensation en publiant les empreintes digitales de personnalités politiques, dont le ministre de l’intérieur Wolfgang Schäuble. De plus, la création d’un fichier recensant la quasi-totalité de la population française implique d’énormes risques, inhérents à tout fichier centralisé de cette taille.

Ces derniers, plusieurs fichiers, pourtant protégés par des États, se sont déjà retrouvés entre les mains de pirates, voire directement sur la Toile. En 2009, on apprenait ainsi qu’un sous-traitant du gouvernement israélien avait permis la fuite de données personnelles concernant environ 9 millions de ses citoyens. Au mois d’avril dernier, des hackers ont profité d’une faille dans le dispositif de la société de sécurité Trend Micro pour accéder aux données de 55 millions d’électeurs philippins. Le même mois, c’est une base de données, sans doute tirée du recensement de la population, concernantla moitié de la population turque, soit 49 millions de personnes, qui a été mise en ligne avec noms et adresses.

« Quand un outil existe, il est très dur d’en limiter l’usage à des fins de surveillance délimitées », rappelle Félix Tréguet, membre de l’association de défense des libertés numériques La Quadrature du Net ainsi que des Exégètes amateurs, un collectif menant une guérilla juridique contre les textes sécuritaires. « C’est quelque chose que l’on a bien vu ces dernières années, notamment avec la loi renseignement qui “légalisait” des pratiques déjà existantes. Ce décret s’inscrit dans la même fuite en avant technicienne. On autorise une nouvelle technique, un nouveau fichier, tout d’abord dans un cadre technique précis. Et ensuite, on l’élargit peu à peu », estime-t-il. « En matière de surveillance, on sait bien que la fin justifie les moyens. Aujourd’hui, on nous présente ce nouveau fichier comme un moyen de sécuriser les documents d’identité, de lutter contre la fraude. Mais la vraie question que l’on devrait se poser est : faut-il réellement accepter une société où les documents sont réellement infalsifiables ? Certains de nos grands-parents sont aujourd’hui encore en vie parce qu’ils ont pu falsifier leurs documents d’identité durant la Seconde Guerre mondiale. »

Une allusion au régime de Vichy qui devrait rappeler des souvenirs à Jean-Jacques Urvoas. En mars 2012, les députés socialistes avaient en effet eu l’idée d’introduire leur saisine du Conseil constitutionnel par la citation du célèbre poème du pasteur allemand Martin Niemöller dénonçant la lâcheté face à la montée du nazisme : « Quand ils sont venus chercher… »

Source : Mediapart

3 novembre 2016

FLASH - Libre-échange, la tentation autoritaire

Pressé d’effacer l’affront wallon, le Conseil européen a prévu de signer le traité de libre-échange avec le Canada, dès dimanche. L’épisode a cependant souligné un complet divorce avec la société civile européenne. Le temps de la mondialisation heureuse est achevé. Carton rouge à l'Amérique !

Il fallait laver l’affront wallon au plus vite. Les différents parlements régionaux belges avaient à peine donné leur accord au texte amendé que le président du conseil européen, Donald Tusk, annonçait la signature du traité entre le Canada et l’Union européenne. Le premier ministre canadien, Justin Trudeau, se félicitait de son côté de l’accord trouvé et annonçait sa venue à Bruxelles. L’accord sur le CETA sera signé dès dimanche.

En précipitant les événements, les responsables européens espèrent redonner à l’Union européenne sa crédibilité entamée. Après la Grèce, le Brexit, la crise sur les réfugiés, cette nouvelle contestation a mis à mal l’appareil européen. De nombreuses critiques se sont élevées sur son fonctionnement, sa capacité à négocier des traités commerciaux.

Signer le CETA au plus vite est une façon d’apporter la démonstration que l’Union européenne, quoi que ses détracteurs aient pu en dire ces derniers jours, est toujours en pleine possession de ses pouvoirs. C’est une manière de réduire la contestation wallonne à rien : un énième rebondissement dans la vie politique compliquée belge, de la lutte entre Wallons et Flamands, une manœuvre de ces socialistes wallons « obtus et ringards ».

Le premier ministre belge, Charles Michel, comme les représentants flamands se sont d’ailleurs empressés d’accréditer cette thèse : « Pas une virgule n’a bougé dans le texte du CETA », a assuré le chef du gouvernement belge devant le parlement, jeudi soir. Une thèse que reprennent à leur compte les responsables européens. Rien d’important n’a été concédé aux parties wallonnes, puisqu’il est possible dès le lendemain de mettre en œuvre le traité de libre-échange entre le Canada et l’Union européenne.

Préoccupés à défendre leur légitimité, les responsables européens n’ont désormais qu’une obsession : tout faire pour que pareil blocage ne se reproduise plus, pour qu’aucun grain de sable ne vienne enrayer la machine européenne. Des conservateurs demandent déjà que les modes de négociation soient changés, que les traités commerciaux soient de la compétence exclusive de la commission et du parlement européens, sans que les États puissent dire leur mot sur le processus.

À Bruxelles, on attend avec impatience l’arrêt de la cour européenne de justice sur le traité commercial avec Singapour. Si celle-ci tranche que cet accord est de la compétence exclusive de la commission, comme tous les technocrates européens l’espèrent, alors la voie sera libre : ils n’auront plus de compte à rendre aux parlements nationaux et pourront engager les pays de l’Union européenne comme bon leur semble. Berlaymont (le siège de la Commission européenne) aura alors tout pouvoir.

La tentation autoritaire des responsables européens, leur désir de passer en force sont bien là. La façon dont ils vont gérer les demandes belges permettra d’en mesurer l’ampleur. Car quoi qu’ils en disent, des engagements ont bien été pris : sur la protection des services publics, sur les OGM, sur les mécanismes de protection des marchés agricoles en cas de déséquilibre. Surtout, les régions wallonne, germanophone et celle de Bruxelles ont imposé que les tribunaux arbitraux soient transformés en cour publique internationale avec des juges dont les mandats seraient encadrés. Et avant toute chose, elles ont exigé que la cour européenne de justice se prononce sur la compatibilité de cette cour avec les principes constitutionnels européens. Le fait même que la commission européenne n’ait jamais posé la question à la cour européenne de justice laisse penser que les choses ne vont peut-être pas de soi.

Que vont faire les responsables européens de tous ces engagements pris ? Vont-ils accepter de les mettre en application, en concédant que d’autres pays exigent les mêmes traitements et garanties ? Ou, pour préserver l’intégrité du traité, vont-ils décider de tout ignorer, maintenant que la crise est passée et que l’accord est signé : les promesses, comme chacun le sait, n’engageant que ceux qui les reçoivent ? La réponse à cette question est redoutée.

Imaginer que tout va redevenir comme avant ou encore mieux qu’avant, avec une commission dotée de tous les pouvoirs face aux États, comme des responsables européens semblent en caresser l’idée, serait une lourde erreur. Car même si le conseil européen veut feindre de l’ignorer, la crise de légitimité des instances européennes face à la société civile européenne est bien plus grande que celle à l’égard des pays partenaires, même s’il semble pressé de ne répondre qu’à ces derniers.

La contestation belge a recueilli un écho et un soutien inattendu auprès de toutes les opinions publiques européennes. Celles-ci n’adhèrent plus à la mondialisation heureuse, tant vantée depuis vingt ans. Le CETA est signé, alors que 70 % des Wallons et des Français s’y disent opposés. Des manifestations contre le CETA et le TAFTA ont lieu dans toute l’Europe. En Allemagne, plus de 300 000 personnes ont défilé dans tout le pays pour dénoncer ces traités de libre-échange, début octobre. L’accord avec le Canada fait d’ailleurs l’objet de multiples recours d’associations devant la cour constitutionnelle de Karlsruhe. Et celle-ci n’a donné qu’un accord provisoire sur ce traité, se réservant de se prononcer plus tard sur sa conformité avec les principes constitutionnels allemands.

Le malaise de la société civile devant ces grands accords commerciaux, dont les seuls bénéficiaires évidents sont les multinationales, gagne les partis politiques. Dès septembre, le ministre allemand de l’économie, le socialiste Sigmar Gabriel, s’est déclaré opposé au TAFTA, entraînant à sa suite les socialistes français. Aujourd’hui, celui-ci reconnaît que même le CETA pose problème et que les opinions publiques n’ont peut-être pas été suffisamment prises en compte. Des renversements s’esquissent aussi au parlement européen : des élus socialistes, notamment allemands, qui s’étaient prononcés en faveur du traité de libre-échange avec le Canada, paraissent tentés de reconsidérer leur position.

La commission et le conseil européen peuvent toujours décider de passer en force contre les opinions publiques, de s’asseoir sur les oppositions et les refus de la société civile, comme ils l’ont fait lors des référendums irlandais, français et néerlandais. Le désamour à l’égard de l’Europe n’en sera que plus grand. En refusant tout débat, tout compromis, ils courent le risque d’accélérer encore la décomposition de l’Union. Sans retour possible.

Source : Mediapart
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