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26 août 2010

EXPLOSIF ! Chemtrail Symposium - Bye Bye Blue Sky

Documentaire intégral sur les chemtrails en VF. Les chemtrails (chemical trails ou trainees chimiques) sont des epandages aeriens massifs et illegaux de produits chimiques dans l'atmosphere. Top secret !



Fichiers PDF à télécharger à propos des chemtrails, pouvant constituer des éléments de dossier pour tous ceux qui veulent en constituer pour alerter leurs concitoyens et élus, c'est la-dedans que ça se passe

J'ai retrouvé puis mis en ligne sur Rutube le film qui a été censuré sur de nombreux hébergeurs de vidéos comme Youtube et Dailymotion mais encore dispo sur Veoh et Ubest1.

Mise a jour du 09/10/2011 : ATTENTION URGENT ! Blueman a fait un dossier hautement explosif avec une vidéo révèlant le scandale des "chemtrails" qui existent bel et bien et qui nous enpoisonnent la vie. Dossier secret découvert ICI et nulle part ailleurs !



Des millions dépensés dans les tests de guerre bactériologique

La plupart de la Grande-Bretagne a été exposée aux bactéries répandues pendant des tests secrets.

Le Ministère de la Défense a transformé de grandes parties du pays en un laboratoire géant pour conduire une série de tests secrets de guerre bactériologique sur le public.

Un rapport gouvernemental récemment déclassé fournit pour la première fois une histoire officielle complète des tests d’armes biologiques de la Grande-Bretagne entre 1940 et 1979.

Beaucoup de ces tests ont impliqué de répandre des produits chimiques potentiellement dangereux et des micro-organismes sur de vastes pans de la population sans le public soit averti.

Pendant que les détails de quelques tests secrets ont émergé ces dernières années, le rapport de 60 pages révèle de nouvelles informations sur plus de 100 expériences classées secrètes.

Etat menteur : L'art de prendre les citoyens pour des imbéciles

Le rapport révèle que le personnel militaire était formé pour dire à tout "enquêteur curieux" que les tests faisaient partie de projets de recherche sur le climat et la pollution de l’air.

Les tests, réalisées par les scientifiques gouvernementaux à Porton Down, ont été conçus pour aider le Ministère de la Défense à évaluer la vulnérabilité de la Grande-Bretagne si les Russes répandaient des nuages bactériologiques mortels sur le pays.

Dans la plupart des cas, les tests n’ont pas utilisé d’armes biologiques, mais d’alternatives dont les scientifiques pensaient qu’elles simuleraient une guerre bactériologique et que le Ministère de la Défense considéraient comme inoffensifs.

Mais des familles dans certaines régions du pays ayant des enfants avec les anomalies congénitales demandent une investigation publique.

Un chapitre du rapport, les "Tests de Particules Fluorescentes", révèle comment entre 1955 et 1963 des avions volèrent du nord-est l’Angleterre jusqu’au bout de Cornwall le long des côtes sud et ouest, en répandent d’énormes quantités de sulfure de cadmium de zinc sur la population. Le produit chimique a dérivé des miles à l’intérieur des terres, sa fluorescence permettant à l’épandage d’être localisé. Dans un autre test avec du sulfure de cadmium de zinc, un générateur a été remorqué le long d’une route près de Frome dans Somerset et où il a déversé le produit chimique pendant une heure.

Alors que le Gouvernement a insisté sur le fait que le produit chimique était "sans danger", le cadmium est reconnu comme une cause de cancer du poumon et pendant la Seconde Guerre mondiale a été considérée par les Alliés comme un arme chimique.

Dans un autre chapitre, "Les Grands Tests d’Epandage de Région", le Ministère de la Défense décrit comment, entre 1961 et 1968, plus d’un million de personnes le long de la côte sud de l’Angleterre, de Torquay jusqu’à New Forest, ont été exposées aux bactéries incluant l’e-coli et le bacillus globigii, qui imite l’Anthrax. Ces épandages venaient d’un navire militaire, l’Icewhale, ancré vers la côte Dorset, qui a répandu les micro-organismes dans un rayon de 8 à 16 Km.

Le rapport révèle aussi des détails des tests de DICE dans le sud de Dors entre 1971 et 1975. Des scientifiques militaires du Royaume-Uni et des États-Unis impliqués répandant des quantités massives de bactéries serratia marcescents par voies aériennes, avec un substitut à l’Anthrax et du Phénol.

Des bactéries semblables ont été répandues dans "les Tests de Sabotage" entre 1952 et 1964. Ceux-ci étaient des tests pour déterminer la vulnérabilité de grands bâtiments gouvernementaux et de transport public en cas d’attaque. En 1956 les bactéries ont été répandues dans le Métro de Londres à l’heure du déjeuner le long de la Ligne du Nord entre Colliers Wood et Tooting Broadway. Les résultats montrent que les bactéries ont été dispersées sur environ 16 Km. Des tests semblables ont été conduits dans les tunnels passant sous les bâtiments gouvernementaux dans le Whitehall.

Les expériences conduites entre 1964 et 1973 ont consisté à joindre des bactéries aux fils de toiles d’araignées dans les boîtes pour évaluer comment les germes survivraient dans de différents environnements. Ces tests ont été réalisés dans une douzaine d’endroits à travers le pays, incluant l’extrême Ouest de Londres, Southampton et Swindon. Le rapport donne aussi des détails de plus d’une douzaine de petits essais sur le terrain entre 1968 et 1977.

Ces dernières années, le Ministère de la Défense a chargé deux scientifiques de reconsidérer la sécurité de ces tests. Tous les deux ont déclaré qu’il n’y avait aucun risque pour la santé publique, bien que l’un ait suggéré que les personnes âgées ou des personnes souffrant de maladies respiratoires pouvaient avoir été sérieusement touchées s’ils ils avaient inhalé des quantités importantes de bactéries. Cependant, certaines familles dans les régions qui ont porté le poids de ces tests secrets sont convaincues que les expériences sont responsables des maladies congénitales, des handicaps physiques et des difficultés d’apprentissage de leurs enfants.

David Orman, un officier militaire de Bournemouth, demande une enquête publique. Sa femme, Janette, est née dans l’Est de Lulworth à Dorset, près des lieux où beaucoup de tests furent pratiqués. Elle a eut une fausse couche, et a donné naissance ensuite à un fils avec une infirmité motrice cérébrale. Les trois sœurs de Janette, aussi nées dans le village pendant que les tests étaient réalisés, ont donné naissance aussi à des enfants avec les problèmes inexpliqués, tout comme un certain nombre de leurs voisins.

L’autorité de santé locale a dénié le fait qu’il y ait une corrélation, mais Orman pense autrement. Il dit: "Je suis convaincu que quelque chose de terrible est arrivé. Le village était une communauté étroitement unie et avoir tant d’anomalies congénitales sur un laps de temps si court doit être plus qu’une simple coïncidence".

Les gouvernements successifs ont essayé de maintenir le secret sur les détails des tests de guerre bactériologique. Pendant que les rapports d’un certain nombre de tests ont émergé au cours des années du Bureau des Dossiers Publics, ce dernier document du Ministère de la Défense - qui a été publié par le député de démocrate Libéral Norman Baker - donne la version officielle la plus complète à ce jour des tests de guerre biologique.

Baker a déclaré : "Je félicite le fait que le Gouvernement ait finalement publié ces renseignements, mais je me demande pourquoi il a pris autant de temps. Il est inacceptable que l’on ait traité le public comme des cobayes sans qu’ils en aient connaissance et je veux être sûr de la véracité des affirmations du Ministère de la Défense comme quoi ces produits chimiques et bactéries utilisées étaient sans danger".

Le rapport du Ministère de la Défense retrace l’historique de la recherche du Royaume-Uni dans la guerre bactériologique comme remontant à la Seconde Guerre mondiale quand Porton Down a produit cinq millions de doses d’alimentations bovines remplis des spores mortelles d’Anthrax qui auraient été envoyées en Allemagne pour tuer leur bétail. Il donne aussi des détails des infâmes expériences d’Anthrax à Gruinard sur la côte écossaise, dont l’île fut si contaminée qu’on ne pouvait plus y habiter jusqu’à la fin des années 1980.

Le rapport confirme aussi l’utilisation d’Anthrax et d’autres bactéries mortelles sur des tests à bord de navires dans les Caraïbes et la côte écossaise pendant les années 1950. Les documents décrivent : "L’approbation tacite pour les tests de simulation, où le public devait être exposé, était fortement sous l’influence des considérations du ministère de la défense visant évidemment à restreindre la connaissance public. L'une des raisons évoquées était le besoin d’éviter l’affolement et l’inquiétude du public au sujet de la vulnérabilité de la population civile à attaque de guerre biologique".

Sue Ellison, le porte-parole de Porton Down (porton down est un parc scientifique militaire), a déclaré : "Des rapports indépendants de scientifiques éminents ont montré qu’il n’y avait aucun danger pour la santé publique de ces tests et épandages qui ont été réalisés pour protéger le public".

Elle a aussi ajouté : "Les résultats de ces test sauveront des vies, au cas où le pays ou nos forces feraient face à une attaque d’armes chimiques et d’armes biologiques".

A la question si de tels tests étaient encore effectués, elle a répondu : "Ce n’est pas notre politique de discuter des recherches en cours".

25 août 2010

Puce RFID : un mouchard en miniature ?

Les puces RFID sont incorporées par les multinationales dans certains de leurs produits pour en assurer la traçabilité. La puce permet ensuite de localiser le produit pendant sa distribution, mais aussi après son achat. Il suffit d'envoyer des ondes sur une certaine fréquence à la puce pour l'activer et lui faire émettre les informations qu'elle contient.

La puce RFID étant scannée au moment du passage à la caisse du supermarché, elle peut être associée à la carte de crédit ou au chèque de l'acheteur, et donc à son identité. Chaque produit acheté devient ensuite un "mouchard électronique" qui permet de localiser son utilisateur. Elle peut aussi servir à identifier celui qui a jeté un emballage sur le trottoir, ou qui n'a pas trié ses déchets ménagers.

Certaines puces RFID mesurent un peu moins de 1 millimètre. Malgré cette miniaturisation, elles intègrent une mémoire de 1 kbit et une antenne qui émet dans la bande de fréquence des 2,5 GHz. Ces micro puces RFID peuvent être intégrées dans la matière d'un produit sans qu'il soit possible de le repérer.

Voici deux documentaires d'Arte sur le sujet. Tout d'abord, "RFID, la révolution", un condensé des infos sur ces puces...

Source : Syti.net


16 août 2010

EXPLOSIF ! Sarkozy est un xénophobe selon New York Times

La France n'a aucun équivalent au 14ème Amendement, mais le président français, Nicolas Sarkozy, qui aime être connu comme Sarko l'américain, attise aussi des passions anti-immigrées dangereuses pour l'augmentation politique à court terme.

La semaine dernière, il a dérapé en proposant de retirer la nationalité française aux citoyens français étrangers qui menacent la vie d'un agent de police ou d'autres crimes sérieux. De peur que n'importe quel électeur ne manque le point qu'une telle loi serait particulièrement visée aux immigrants Musulmans, le ministre de l'Intérieur de M. Sarkozy, responsable de la police, la polygamie gentiment ajoutée et la circoncision femelle à la liste d'offenses qui pourraient apporter la perte de la nationalité.

Quelques jours plus tôt, M. Sarkozy a promis de détruire les camps de Roms et de les renvoyer d'où ils venaient, principalement la Roumanie et la Bulgarie. Les deux pays sont membres de l'Union Européenne. Des centaines de milliers d'habitants, vivant en France en toute légalité, risquent désormais d'être balayés et expulsés dans des raids de la police.

Et M. Sarkozy propose refuser automatiquement la nationalité française aux personnes nées en France, si leurs parents sont étrangers et ont un dossier de la délinquance juvénile.

Tout cela dans un pays qui a longtemps fièrement confirmé le principe selon lequel tous les citoyens français de souche ou naturalisés ont droit à un traitement égal devant la loi. Cela vaut à son père d'origine hongroise, M. Sarkozy et son épouse d'origine italienne, à la fois les citoyens naturalisés français, et devrait s'appliquer à tout le monde.

Mais le dénigrement des immigrés est populaire parmi les électeurs français et non-immigrants de M. Sarkozy n'a jamais hésité à le faire. Il a construit sa campagne pour les Présidentielles de 2007 autour de son record difficiles (et les mots inflammatoires) comme ministre de l'Intérieur. Plus tôt cette année, il a mené une campagne de division pour définir l'identité nationale française, car il voulait repousser l'extrême droite anti-immigrés du Front National aux élections régionales. Cela n'a pas fonctionné, normal : le parti de Jean-Marie Le Pen a fait 18% en moyenne aux Régionales soit 1 français sur 6 a voté FN. Ceci est un avertissement avant les Présidentielles de 2012

Maintenant, avec sa fortune politique à un nouveau creux et la résurgence du Front National en vertu de jeunes dirigeants, il est allé plus loin, inquiétant conservateurs traditionnels qui croient encore aux droits de l'homme et l'égalité de tous les citoyens français. Ils ont raison d'être préoccupé, et il est téméraire tort d'ignorer leurs conseils de prudence.

L’article est sévère, mais on n’avait encore rien lu ! Hier, c’est le vénérable Times britannique qui ne craint pas de titrer Nicolas Sarkozy expulse les Roms et rappelle les souvenirs de la Gestapo : "Le président est à l’origine d’une forte contestation, les critiques comparant sa répression au regroupement des Tziganes pendant la deuxième guerre mondiale." Le Times illustre son article avec la même photo, prise lors de l’évacuation d’un camp de Roms à Montreuil le 14 août, que l’article du Monde publié à la même date. Le quotidien français donnait la parole à deux députés villepinistes (UMP quand même !) : "Cette politique est choquante", estimait François Goulard, élu du Morbihan. "Le député s’émeut "des bavures" et "des femmes et des enfants qui ne sont pas traités de manière décente". "Sans faire des parallèles qui n’ont pas lieu d’être, ce n’est pas très glorieux pour un pays comme le nôtre de recourir à des méthodes que la situation ne justifie pas. Ce n’est pas à mettre à l’actif ni à l’honneur du gouvernement", ajoute-t-il." Le Monde citait ensuite le député de l’Hérault Jean-Pierre Grand : "cette politique de démembrement des camps illégaux tourne à l’ignoble". "Peut-on être un député de la République et laisser faire cela sans réagir quand on découvre que les forces de l’ordre, intervenant très tôt le matin, trient les familles, les hommes d’un côté, les femmes et enfants de l’autre, avec menace de séparer les mères et les enfants ? Tous les Républicains ne pourront que condamner ces méthodes qui rappellent les rafles pendant la guerre." Sans parler de Jean-Luc Mélenchon, dénonçant des "pratiques barbares", ni des Verts appelant "tous les élus de la République, tous les citoyens à s’opposer à ces expulsions de la honte".

Voilà où en est aujourd’hui la France, après trois ans de sarkozysme et de ministère de l’Immigration et de l’Identité nationale. L’ancienne patrie des droits de l’Homme est désormais gouvernée par un parti qui ne craint plus de reprendre à son compte les thèses de l’extrême droite et d’en appliquer le programme, proposant des mesures jamais vues depuis le régime de Vichy, avec un ministre de l’Intérieur, Brice Hortefeux, condamné par la Justice pour injure raciale. Sarkozy et sa clique font honte à notre pays. En tant que citoyen français, ce soir, nous avons mal à notre identité nationale, la vraie, celle des Lumières, de la liberté, de l’égalité et de la fraternité. Jusqu’où l’insupportable dérive ?

Sources : Plume de Presse, New York Times (article traduit)

15 août 2010

Crise de 1929 – Le dessous des cartes

La crise des années 1930 fut, avec les deux guerres mondiales, l'un des événements du siècle qui marquèrent le plus la conscience collective. Exemple sans doute unique d'une crise économique profonde et durable qui sembla ne pouvoir s'achever spontanément. Exemple également unique d'une dépression vraiment mondiale puisque seule l'URSS fut épargnée. Malgré son importance, la crise souffre d'une place relativement faible dans l'historiographie autre que strictement économique, sans doute due à un statut ambigu: vue comme une crise globale du capitalisme par les auteurs marxistes, elle est considérée de ce fait comme un phénomène purement économique, dans l'interprétation duquel histoires politique, diplomatique, culturelle ou même sociale n'ont guère place. Cette perception est renforcée par les travaux d’autres économistes pour lesquels cet épisode représente un défi aux mécanismes d'ajustement spontané de l'économie libérale qu’il convient de comprendre en termes d’abord économiques. L'importance de cet enjeu comme le poids de l'historiographie américaine, c'est-à-dire rédigée dans un pays où la première guerre mondiale fut un événement de bien moindre poids qu'en Europe, conduit à considérer les années 1920 comme le simple prolongement économique de la Belle Epoque et à minimiser les transformations ayant résulté de la guerre.

Il nous semble qu’à l’opposé de cette perspective, l’importance de cette crise en fait naturellement le type même de l'événement dont les origines et les conséquences ont de fortes chances d'être multiples et de déborder le cadre de l'économique. Nous voudrions donc ici d’abord examiner comment la politique internationale joue un rôle majeur dans l’explication de la crise, puis quelles furent les répercussions de celle-ci sur les relations internationales.

Origines de la crise

Nombre d'interprétations de la crise en font un événement principalement américain: le krach de Wall Street dans le cas le plus simpliste, l'effondrement du crédit provoquant un blocage de l'investissement et de la consommation sous l'effet des faillites bancaires en série dans la version plus sophistiquée actuellement dominante, la chute de la consommation sous l’effet d’un chômage rapidement croissant du fait de l’absence des régulations salariales dans une certaine tradition keynésienne, la saturation d'un mode de régulation dans lequel la demande ne suit pas la croissance de l'offre selon une lignée post-marxiste, toutes explications qui sortent peu du cadre national.

Pourtant, deux autres lignées d'interprétation accordent davantage de poids aux interactions internationales, et de ce fait, presque nécessairement, aux considérations politiques. La première souligne les méfaits d’un système monétaire international de change fixe dans la transmission de la crise. La seconde invoque en priorité les conséquences de la première guerre mondiale en Europe.

Le rôle du système monétaire international

Une partie de l’historiographie accorde un rôle important au système monétaire international dans l’origine et la transmission de la crise. Nous montrerons ci-dessous les principaux arguments en ce sens, puis nous chercherons à montrer que ce système n’avait guère d’alternative à l’époque, et que les conflits politiques créés par la lutte pour la prééminence en son sein et par son abandon désordonné eurent sans doute un impact plus grave.

L’insistance sur le rôle du système monétaire international d’étalon-or repose d’une part sur une tradition d’interprétation de la crise relativement mineure qui accorde aux économies périphériques un rôle initiateur dans la récession, d’autre part sur les modalités de sortie de crise dans les différents pays, enfin sur la théorie économique actuelle.

Dans la tradition qui voit la crise démarrer dans la périphérie, elle fut d’abord le résultat d’une fragilité imposée par une économie internationale hiérarchisée aux dépens des pays en question. L'Amérique latine et l'Océanie furent particulièrement concernées du fait que leur forte croissance dans les années 1920 avait été centrée sur les produits de base et dépendait de l'accès aux marchés de biens et de capitaux des pays riches. Quand les marchés à l’exportation se réduisirent, les prix baissèrent et ces pays devinrent incapables de payer leurs dettes, d’autant plus que les prêts se réduisaient. Le faible développement des systèmes financiers nationaux de ces pays accentua la crise en la transmettant sans l’amortir à toute l’économie et en interdisant une réorientation de la production. Leur dépendance politique, financière et commerciale aggrava la crise en empêchant les solutions les plus radicales : la cessation de paiement sur la dette externe ou la dévaluation. Dans la logique de l’étalon-or, ces pays pratiquèrent donc des politiques de rigueur qui accentuèrent la crise et la transmirent à l’étranger (par la baisse de leurs importations). Certains furent cependant contraints à la dévaluation ou au contrôle des changes ; d’autres, plus chanceux, évitèrent l’opprobre qui y était attachée en dévaluant dans la foulée de la Grande-Bretagne en 1931.

La thèse qui accuse le système d’étalon-or de la transmission initiale de la crise considère qu’un système de changes flexibles aurait vu les monnaies concernées se déprécier progressivement, conduisant à un ajustement graduel au lieu de la rupture brutale qui eu lieu. En effet, selon elle, l’ajustement automatique que prédit la théorie classique en changes fixes était rendu inopérant par l’importance des déséquilibres existants, et ce pour deux raisons. D’une part une asymétrie existe en système d’étalon-or entre pays à excédents et à déficits de balance des paiements : pour éviter de quitter le système de change, un pays en déficit est contraint à une politique de rigueur qui aggrave sa situation (au moins à court terme) tandis qu'un pays excédentaire n'a aucune obligation de relancer son économie. C'était le cas à la fin des années 1920 des Etats-Unis ou de la France, pays qui d’ailleurs connaissaient le plein-emploi et une forte croissance, de sorte qu'une relance aurait été peu efficace car elle se serait heurtée aux limites des capacités de production. Des crédits accordés par les pays excédentaires aux déficitaires auraient pu constituer une solution de court terme, mais elle n’était souvent guère crédible étant donné le surendettement existant, et risquait donc d’aggraver les risques de crise de change plutôt que les supprimer. La seconde raison de l’absence d’ajustement spontané est la rigidité à la baisse des prix (et des salaires, qui en sont la principale composante), rigidité qui apparaît dans l’entre-deux-guerres et à laquelle une dévaluation est le meilleur remède.

Les accusateurs du système d’étalon-or tirent enfin argument des formes de la sortie de la crise de nombre de pays. En effet, les pays ayant abandonné les changes fixes les premiers sortirent plus rapidement de la crise que les fidèles du " bloc-or " (ces mêmes pays qui autour de la France avaient formé l’Union Latine dans les années 1860, et qui maintinrent l’étalon-or jusqu’à 1935 ou 1936).

Néanmoins, il convient de remarquer plusieurs limites de cette thèse. Tout d’abord si les changes fixes favorisent les crises de change, les changes flexibles connaissent souvent des fluctuations erratiques des cours des changes qui ont justement amené à leur préférer parfois les changes fixes. La seule expérience récente que l’on avait en 1929 des changes flexibles en 1929 était ainsi celle des chaotiques années d’après-guerre. Ensuite, les changes fixes résultent non d’un accord international (ces systèmes de change fixe n’ont de systèmes que le nom) mais de la définition unilatérale par chaque pays de la parité de sa monnaie en métal, parité qu’il est libre de modifier à sa guise (qu’une parité stable fasse partie de la panoplie du pays respectable n’annule pas entièrement cette liberté, comme en témoignent les stabilisations incluant des dévaluations, qui furent saluées par les marchés financiers). Loin d’être principalement motivée par ses relations internationales, la définition d’une parité fixe se veut d’abord une protection des nationaux contre les risques de dérapage inflationniste.

Plus grave enfin, l’efficacité de la dépréciation monétaire comme instrument pour sortir de la crise fut en partie due à l’avantage compétitif qu’il procura aux premiers dévaluateurs, avantage qui avait comme contrepartie le dommage fait aux autres pays : celui qui dévaluait le premier prenait les parts de marché des autres pays grâce à des prix plus bas, renfonçant les autres dans la crise. Ces " dévaluations compétitives " conduisirent à des rétorsions protectionnistes de la part des pays victimes, ce qui contribua à restreindre les échanges internationaux. Le passage aux changes flexibles de l’Angleterre et des pays suiveurs conduisit donc à un renforcement des tensions politiques en Europe.

Au total, il semble difficile d’incriminer le système monétaire international de l’époque d’une responsabilité majeure dans la crise, alors que son abandon en ordre dispersé renforça les conflits diplomatiques entre pays. En revanche, le caractère hiérarchisé de l'étalon de change or établi à Gênes renforça les aspects conflictuels de son fonctionnement. En effet, on y distinguait deux types de monnaie : les monnaies "centrales", qui devaient être garanties par de l'or et qui de ce fait pouvaient servir d'instrument de réserve aux autres, et les monnaies "normales" gagées surtout par des réserves constituées des monnaies centrales. Naturellement, la situation hiérarchique dans le système n'était pas la même dans les deux cas, car une monnaie centrale contrôlait en partie la situation monétaire dans les pays qui détenaient sa monnaie comme réserve. Au moment de la conférence de Gênes, seuls les Etats-Unis (d'ailleurs absents) avaient une monnaie convertible, donc susceptible d'être utilisée comme réserve. Ils détenaient d'ailleurs l'essentiel des stocks d'or monétaire du monde. Le retour à la convertibilité de la livre, jointe à la position traditionnelle de la Banque d'Angleterre dans le système d'étalon-or et dans le commerce international, conduisit nombre de pays à utiliser la livre pour leurs réserves (comme c’était déjà le cas avant 1914). Quand la France retrouva la convertibilité, elle se hâta de concurrencer la Grande-Bretagne sur ce terrain, et rêva de renforcer ses positions diplomatiques en Europe centrale par des liens entre banques centrales et entre monnaies. Ceci la conduisit à liquider ses avoirs en devises, affaiblissant du même coup les banques centrales anglaise et américaine. Cette multiplication des monnaies " centrales " diminuait également la masse monétaire susceptible d'être gagée par les stocks d'or mondiaux, ce qui affaiblissait le système d'étalon-or. Pourtant, ce dernier problème était moins grave que les conflits pour la prééminence : le risque d’insuffisance de la masse monétaire mondiale du fait du caractère matériellement limité du stock d’or (qui sera dénommé dilemme de Triffin dans les années 1950) était présent à l’esprit des responsables de l’entre-deux-guerres, et un rapport de la SDN conclut en 1930 que le risque restait faible.

Les conflits européens et la crise

Les conflits politiques en Europe ont joué un rôle d’abord, durant les années 1920, en créant un contexte économique d’une grande fragilité dans lequel la moindre étincelle pouvait déclencher une crise grave, ensuite par le obstacles qu’ils ont représenté à la mise en œuvre de solutions coopératives lors du déroulement de la crise elle-même.

La guerre a contribué à la crise selon au moins trois dimensions. En premier lieu, l’imbroglio des dettes de guerre et des Réparations a dominé politique internationale et budgets nationaux durant l’ensemble des années 1920. Le conflit sur les Réparations et l’incapacité (en résultant largement) de l’Allemagne à équilibrer un tant soit peu son budget conduisirent directement à l’hyperinflation de 1923. Celle-ci détruisit en outre l’épargne financière antérieure et affaiblit le système financier. En France, le contraste entre l’insistance américaine sur les dettes de guerre et la faiblesse du soutien pour les Réparations incita à l'intransigeance, tandis que les retards de paiement des Réparations accroissaient la méfiance envers l'Allemagne.

Deuxième cause de la crise, le processus de stabilisation des économies européennes après la guerre a multiplié les tensions. Paradoxalement, la restauration du système international a priori le plus favorable aux échanges (un système d'étalon-or sans restrictions substantielles aux mouvements de biens ou de capitaux) se fit dans le désordre et le conflit sur ses bases essentielles. Les différents pays rétablirent la convertibilité de leur monnaie dans le désordre, non sans rivalité (cf. ci-dessus), et les crises spéculatives qui jonchèrent ce chemin furent fréquemment attribués non aux " fondamentaux " économiques (inflation ou endettement excessifs) mais aux spéculateurs ennemis (que ce fut lors de l'hyperinflation allemande ou lors des " attaques " contre le franc en 1924 et 1926).

Les stratégies suivies étaient différentes et largement incompatibles: ainsi la Grande-Bretagne parvint, pour maintenir son prestige, celui de la livre et de la place de Londres, à rétablir en 1925 la parité or d'avant-guerre. Néanmoins, ceci amputa la compétitivité de son économie, ce qui, avec les pertes de la guerre, rendit sa balance des paiements structurellement déficitaire. Elle ne put dès lors reprendre son rôle de prêteur international qu'en empruntant à court terme ce qu'elle prêtait à long terme. La France, à l'opposé, ne parvint pas à s'imposer un retour à la parité d'avant-guerre du fait de l'importance de sa dette publique; la dépréciation du franc renforça sa compétitivité. Elle stabilisa sa monnaie en 1926 à un niveau sous-évalué par rapport à la livre. Enfin la stabilisation du mark après l’hyperinflation fut sans doute réalisée à un niveau trop élevé, qui conduisit, avec les Réparations, à un déficit structurel de balance des paiements. Celui-ci fut couvert par des crédits américains si considérables qu’on les qualifia de "Réparations américaines envers l'Allemagne". Dès lors la rigueur était inutile tant que l’on ne demandait pas le remboursement de ces dettes.

La stabilité du système de change international dépendait donc d'un réajustement progressif des balances des paiements des différents pays, ce qui supposait des politiques économiques compatibles, voire coordonnées ; or les tensions politiques freinaient toute coopération.

Dernière conséquence de la guerre à avoir eu un rôle dans la crise : le morcellement de l’Europe. La multiplicité de petits Etats en Europe fragilisa le continent économiquement et financièrement. Nombre de relations économiques furent rompues par les indépendances. Le capital qui circulait librement dans l'empire austro-hongrois fut freiné par l’apparition d’un risque de change et de risques politiques. Repliés sur des économies nationales de petites tailles, les systèmes bancaires devinrent inadaptés. La multiplicité des monnaies fragiles divisait les réserves et augmentait les risques de contagion en cas de panique.

Déroulement de la crise et conflits politiques

Davantage que la crise précoce des pays de la " périphérie ", celle de l'Allemagne pesa dans le déclenchement de la dépression mondiale. On a vu que la situation économique allemande restait fragile malgré les crédits américains, sans doute du fait des tensions sociales qui conduisaient à des salaires élevés, et de la faiblesse d'un marché financier encore affecté par l'hyperinflation. Une récession forte commença en 1927. Cependant, l'économie allemande inspirait encore confiance aux prêteurs. La situation financière fut aggravée par le recul des prêts américains qui eut lieu à la mi-1928. Le gouvernement allemand renforça alors sa politique d'austérité (dans l'espoir d'obtenir par sa "vertu" une réduction des Réparations), ce qui aggrava la crise.

La crise allemande restait alors réelle, résultat des coûts élevés d'adaptation de l'économie au besoin de dégager le montant des Réparations dans un contexte de taux de changes fixes aux parités en partie mal adaptées, ce qui impliquait une amputation durable du niveau de vie. Le début de la crise américaine vit d'ailleurs une coopération internationale réussie dans la baisse des taux d'intérêt en 1929-1930, qui permit d'encourager une reprise économique sans augmenter les pressions sur les balances des paiements les plus fragiles. Quand l'Allemagne obtint, dans le cadre du plan Young une réduction des versements au titre des Réparations, et un crédit transitoire, on pensa que la récession touchait à sa fin. En fait, la crise économique allait se voir renforcer par une crise financière internationale d'une ampleur unique.

La crise financière qui commença à l'automne 1930 avait des racines réelles multiples en Autriche ou en Allemagne, mais elle ne prit de l'ampleur que du fait de l'absence de coopération internationale. Une des sources majeures de sa transmission internationale se trouve paradoxalement dans le plan Young lui-même : en effet, à titre de compensation de la baisse du montant dû par l'Allemagne au titre des Réparations, le plan inversa la hiérarchie entre les Réparations et les autres dettes de l'Allemagne. Alors qu'auparavant les créanciers internationaux pouvaient prêter à l'Allemagne sans risque important tandis que l'Allemagne avait intérêt à s'endetter au maximum (puisque cela lui permettait d'obtenir de l'argent sans augmenter le montant total qu'elle devrait débourser, grâce à un remplacement des paiements de Réparations par des intérêts de la dette commerciale), ces créanciers encourraient désormais des risques considérables. Non seulement il devenait dangereux de prêter davantage, mais le niveau de la dette existante était désormais considéré comme excessif.

Les banques étrangères, spécialement américaines, tentèrent alors de retirer leurs capitaux engagés en Allemagne. Comme les crédits à court terme représentaient l'essentiel de la dette allemande, et que cette dette était due largement par un système bancaire dont l'actif était moins liquide que ce passif, une crise était inévitable. Elle commença par le Credit Anstalt autrichien en mai 1931, et s'étendit par contagion psychologique à l'Allemagne. Dans les deux pays, la crise bancaire fut aggravée par les sorties de capitaux effectués par les nationaux ; elle se transforma en crise monétaire car tout sauvetage du système bancaire imposait une création monétaire qui menaçait la convertibilité de la monnaie.

La seule solution à court terme était un prêt international d'envergure qui permît de compenser l'impact sur la couverture monétaire de l'intervention du prêteur en dernier ressort. C'est à ce point que les tensions politiques firent obstacles à la coopération internationale. La France voulut profiter de cette urgence pour imposer l'abandon du projet d'union douanière austro-allemande. Le retard qui en résulta suffit à donner une telle dimension à la crise que la seule solution devint un moratoire sur les paiements intergouvernementaux (imposé par le président américain Hoover) et une suspension de la convertibilité des monnaies autrichienne et allemande.

Les répercussions dépassèrent largement l'Europe. Devant l'effondrement de la confiance, les pays emprunteurs se heurtèrent tous à une impossibilité de renouveler ou augmenter leurs emprunts: les cessations de paiements d'Etats et les dévaluations se multiplièrent alors. Les banques américaines subirent des pertes, une immobilisation de leurs créances et une perte de confiance de leur clientèle qui conduisit à la seconde crise bancaire, cause majeure d’aggravation de la crise américaine. Les banques anglaises, en position illiquide du fait de créances à plus long terme que leurs dépôts et de l'immobilisation de leurs avoirs allemands, subirent un run international qui imposa la dévaluation de la livre sterling (21 septembre 1931). La crise financière était devenue mondiale.

Seule une coopération internationale aurait pu permettre de freiner la crise, mais les tensions politiques et l’absence d’institutions douées d’une capacité d’action suffisante s'y opposaient. Un exemple en est donné par l'action de la Banque des règlements internationaux. Créée en 1930, la BRI avait pour mission la surveillance des systèmes bancaires et la coopération internationale. Elle échoua d'abord parce qu'elle n'avait pas encore l'autorité nécessaire pour coordonner l’action des banques centrales. Plus prosaïquement, le fait qu'elle fut également chargée de surveiller le paiement des Réparations fit que le Sénat américain interdit au Système de réserve fédéral de participer à son activité (par crainte de voir liées Réparations et crédits interalliés). En termes politiques, la crise s'aggrava parce que la confiance entre pays avait cédé la place à la méfiance, et parce qu'aucun pays n'était capable ou désireux d'assumer les coûts (le prêteur en dernier ressort devrait prêter à guichet ouvert lors d’une crise bancaire) et la responsabilité d'organiser la coopération.

Les conséquences de la crise des années 1930 pour les relations internationales

Les conséquences de la crise sur les relations internationales furent tout aussi importantes, et ce à la fois aux plans réel et idéologique. Nous tenterons de suggérer d’abord ses conséquences principales sur la politique internationale (c’est-à-dire, au delà de la seconde guerre mondiale, sur la guerre froide et l’émergence de l’Union européenne, les deux événements politiques majeurs de l’après-guerre) ; nous montrerons ensuite plus précisément comment le souvenir de la crise a eu un rôle majeur dans l’organisation des relations économiques internationales après la guerre.

Les conséquences politiques

La première conséquence de la crise fut la seconde guerre mondiale. On sait en effet que sans la crise, Hitler ne serait sans doute pas parvenu au pouvoir. Cependant, la guerre résulte avant tout du mauvais règlement de la précédente.

De manière analogue, la crise a joué dans la justification économique des mouvements indépendantistes un rôle similaire à celui de la guerre dans leur justification politique, en montrant aux peuples colonisés la déroute de leurs maîtres. Les théories développées par les économistes sud-américains de la " dépendance ", prônant un développement plus autocentré, eurent ainsi moins leur origine dans l’admiration pour l’Union soviétique que dans la réaction à une crise durant laquelle les marchés d’exportation s’étaient effondrés ou fermés.

Troisième conséquence politique : l’affaiblissement de la position idéologique de l’Ouest par rapport à l’Est dans la guerre froide. Si elle ne fut pas la " grande crise " du capitalisme que certains espérèrent sans doute, la crise ne fut résolue aux yeux des contemporains que par des méthodes étatistes, y compris aux Etats-Unis. Et si, surtout à partir des années 1970, des interprétations nouvelles atténuèrent le rôle de l’Etat dans la sortie de la crise, il n’en reste pas moins vrai que la crise avait affaibli la prééminence de l’idéologie libérale, spécialement en Europe.

Dernier effet politique majeur de la crise : la résolution du problème européen. En 1945, Américains et Européens se rappelèrent le rôle dans la crise des conflits sur les réparations et les dettes de guerre et celui de la crise dans la reprise de la guerre franco-allemande. Prévues initialement, les réparations furent finalement abandonnées, tandis que les Etats-Unis organisèrent la reconstruction de l’Europe et encouragèrent l’intégration les économies allemande et française pour rendre la guerre impossible, à commencer par la mise en commun du charbon et de l’acier dans la CECA. Dans une Europe appauvrie où les importations étaient aussi nécessaires à la reconstruction qu’étaient rares les moyens de les payer, les Etats-Unis acceptèrent de relancer les échanges avant de restaurer un système monétaire international stable, se souvenant du rôle des stabilisations désordonnées des années 1920 dans le démarrage de la crise. Les accords de Bretton-Woods restèrent donc durablement une coquille vide (jusqu’à 1958 en Europe) tandis qu’était mise en place une Union Européenne des Paiements dessinée de manière à favoriser la coopération et le commerce en Europe et appuyée par les Etats-Unis (dont la dotation au financement du fonds de roulement de l’UEP joua un rôle crucial dans le succès). On notera que cette politique, en apparence purement économique, fut organisée par le Département d’Etat américain contre l’avis d’un Trésor plus soucieux d’un retour à l’étalon-or et au business as usual. On sait quel fut son impact dans la réconciliation franco-allemande, le démarrage de l’Union européenne, la stabilité politique de l’Europe de l’ouest et son arrimage définitif aux Etats-Unis.

La différence entre les deux après-guerre tient ainsi au rôle différent des Etats-Unis, qui, largement inspirés par le souvenir des années 1930, assumèrent l’hégémonie après 1945. Le fait que l’hégémonie américaine ne fut plus contestée, même par l’Angleterre, contribua naturellement au résultat.

Conséquences économiques

Les conséquences principales de la crise sur les relations économiques internationale portent sur la mise en place d’institutions internationales destinées à assurer la coopération ou à faciliter la négociation afin d’éviter les ruptures dommageables à l’ensemble de l’économie mondiale.

L'interprétation de la dépression qui modela la réorganisation économique de l'après-guerre est la suivante: la transmission internationale de la dépression résulte de l'importance des flux de capitaux à court terme spéculatifs (hot money), de la fragilité des systèmes bancaires, de l'absence de coordination entre banques centrales, des dévaluations compétitives et de la rigidité excessive du système de changes fixes. D'où la création à Bretton-Woods d'un système de changes fixes mais ajustables : fixes parce que l’on pensait alors toujours que cela favorisait les échanges internationaux ; ajustables parce qu’en cas de déséquilibre majeur, il valait mieux dévaluer que contracter l'économie ; mais ajustables avec l’accord du FMI, ce qui permettait d’éviter les dévaluations compétitives. Dans ce système, les gouvernements étaient autorisés à maintenir des contrôles aux mouvements de capitaux (pour éviter les attaques spéculatives), et même encouragés à les surveiller, ce à quoi s’employaient également le FMI et la BRI). Enfin, étaient créés des programmes d'aide du FMI pour faciliter les ajustements structurels, toujours douloureux.

Deux autres traits du système monétaire international d’après-guerre tirèrent également les leçons de la crise, non sans effets pernicieux à terme : la prééminence du dollar et la création abondante de liquidité internationale. La prééminence des Etats-Unis à la fin de la guerre conduisit à un système monétaire international qui achevait l’idée d’étalon de change-or de la conférence de Gênes : le dollar servirait de réserves aux banques centrales des autres pays, et ne serait plus convertible en or que pour elles. Cette organisation évitait naturellement la lutte pour la suprématie, mais permettait l’abus par les Etats-Unis de leur pouvoir de création de la monnaie internationale. Longtemps pourtant ce risque fut négligé car, autre souvenir de la crise, on s’inquiétait davantage de l’inverse : la pénurie de liquidité internationale qui pouvait résulter de l’étalon-or. La peur de la déflation (et l’espoir de certains de les substituer aux dollars) amena d’ailleurs tardivement le FMI à créer les Droits de tirage spéciaux (DTS), embryon de monnaie internationale dont l’échec permit de percevoir les limites atteintes alors par la coopération internationale.

Au delà du système monétaire international, l’organisation du GATT, forum de coopération internationale destiné à faciliter les échanges commerciaux trouva aussi son inspiration dans l’effondrement du commerce international qui eut lieu pendant la crise du fait de la succession de protections tarifaires, de prohibitions et de dévaluations compétitives. Fonctionnant selon le principe de la nation la plus favorisée, le GATT limita les conflits commerciaux bilatéraux, et empêcha les successions de rétorsions en fournissant un espace où les responsables des politiques commerciales s'habituèrent à négocier.

L’ensemble de la reconstruction des relations économiques internationales après la guerre peut donc se lire comme un effort pour organiser une coopération internationale afin d’éviter le retour d’une crise analogue à celle des années 1930. Cet effort fut couronné de succès puisque paix, croissance et intégration internationale allèrent de pair. Il est donc paradoxal, mais cela témoigne aussi de l’importance continuée de la crise dans les esprits, de voir que dans les années 1960, c’est au nom d’une nouvelle lecture de celle-ci que les critiques s'attaquèrent au système de Bretton-Woods. On contesta le rôle des mouvements de capitaux dans la crise pour privilégier les erreurs de politique monétaire. On affirma que les changes flexibles auraient facilité l’ajustement de déséquilibres structurels réduits à des différences de politiques monétaires (cf. ci-dessus). Néanmoins, il s'agissait sans doute davantage de justifier un refus croissant de coopération (ou de l'hégémonie américaine) que d'une nouvelle analyse de la crise. Le retour d’une hégémonie américaine depuis la chute du mur de Berlin et une décennie de croissance rapide permet à un seul pays de résoudre des crises financières encore fréquentes, toujours dans le souvenir du besoin vital d’un prêteur international en dernier ressort. Il reste que l’émergence de l’Union européenne comme puissance monétaire porte en germe une rupture de cette hégémonie face à laquelle la leçon de l’entre-deux-guerres semble encore de construire sans relâche des lieux de coopération permettant d’éviter incompréhension, lenteur et inefficacité dans la lutte contre les crises.

14 août 2010

Menace sur les libertés publiques - Total contrôle

La frénésie répressive de Nicolas Sarkozy est-elle efficace ? Philosophes, juristes, psychiatres, ex-policier, simple citoyen... tous en doutent. Et sont persuadés qu'elle est dangereuse pour la liberté de chacun.

C'est un arbre vénérable, aux racines profondes mais au feuillage ­léger : l'Arbre de la liberté qu'on plantait jadis sur les grand-places et que les bourrasques de l'Histoire ont tour à tour ployé et redressé. Depuis que Nicolas le jardinier s'en est vu confier l'entretien, un méchant coup de froid s'est abattu sur lui : des branches cassent, les libertés publiques se ramassent à la pelle. Pluie de lois répressives votées par le Parlement, création d'une ribambelle de délits, alourdissement des peines, augmentation spectaculaire des gardes à vue et des condamnations pour outrage, multiplication des expulsions, des atteintes au droit d'expression et à la présomption d'innocence : Gnafron joue du bâton ! Et certains craignent qu'il ne s'attaque au tronc.

« Tous paranos ! » affirment des défenseurs de cette politique sécuritaire. Peut-être, mais l'Histoire nous y autorise. Quand le chef de l'Etat endosse un costume de justicier, il n'est pas interdit de suivre le conseil de Marc Crépon : « La question qui hante, qui devrait hanter toute démo­cratie, écrit le philosophe dans son ­dernier essai, La Culture de la peur, pourrait être la suivante : comment être sûr que les mesures de sécurité qui sont prises pour répondre aux présupposées peurs des citoyens ne portent pas en elles une insécurité plus grave encore que celles qu'elles prétendent combattre ? » Nicolas Sarkozy a été élu sur un programme sécuritaire. Qu'il se montre hyper­actif sur ce front ne surprend donc personne. Et la Constitution lui en donne le droit. Mais ces lois, ces pratiques et ces discours mettent-ils les libertés fondamentales en danger ? Il nous arrive de le penser, et pas seulement en nous rasant...

Pas facile, bien sûr, de définir précisément ces « libertés publiques ». « Quand vous reprenez les manuels universitaires consacrés à ces questions, vous vous apercevez que, d'une génération à l'autre, ils n'ont pas cessé de changer de titre, observe Denys de Béchillon, professeur de droit public à l'université de Pau et successivement membre des comités Balladur et Veil (1). On a longtemps parlé des libertés publiques, puis des droits de l'homme, puis des libertés fondamentales - le champ de la définition se réduisant ou s'élargissant suivant l'époque ; et, finalement, personne n'a jamais réussi à en donner une définition complètement convaincante. » Comment s'y retrouver ? « La plus large est sans doute la plus intéressante, poursuit Béchillon. Les droits fondamentaux sont ceux, consti­tutionnels ou internationaux, qu'un ­individu peut faire valoir contre l'Etat, ce dernier étant considéré dans toutes ses subdivisions - administration, ­législateur, juges, etc. Mais cette définition n'est jamais qu'une con­vention de langage, comme celles qui l'ont précédée. »

“Comme ministre de l'Intérieur et comme président, Nicolas Sarkozy est à l'origine de 21 lois et de 21 décrets relatifs à la sécurité !”

En théorie, l'incertitude profite au­tant aux prévenus qu'à l'accusation, puisqu'il revient toujours au juge - indépendant - de dire si ce qu'on a fait est licite ou pas et de fixer en dernière instance les limites de nos libertés. Au juge - pas au Président. Mais Nicolas Sarkozy a faussé les règles du jeu en se fixant un objectif aussi intenable qu'ambitieux : l'insécurité zéro. Depuis des mois, chaque fait divers brutal le voit monter au créneau et promettre à la fois justice pour les victimes et éradication du mal pour l'ensemble de la société. Conséquence : une véritable frénésie pénale. Comme ministre de l'Intérieur et comme président, il est à l'origine de 21 lois et de 21 décrets relatifs à la sécurité ! Un empilement qui brasse tous azimuts - de la délinquance juvénile au terrorisme, en passant par les crimes de déséquilibrés - et qui privilégie presque toujours le contrôle et l'enfermement au lieu de l'éducation et de la réinsertion. Le message aux juges et aux policiers est limpide - on enferme ! -, et les effets mesurables : gardes à vue en augmentation vertigineuse (+ 67 % entre 2001 et 2007), instauration des peines planchers (9 001 condamnations appliquant la peine minimale au 1er décembre 2008), judiciari­sation à gogo des infractions commises par des mineurs... La balance de la justice penche sec, gare au chavirage ! « Toute cette agitation est le symptôme d'un problème plus général, analyse l'avocat William Bourdon. Le simple fait pour un président de viser le "risque zéro" en matière de sécurité ne peut que conduire à ­l'enfermement plutôt qu'à la réinsertion. Des projets comme la loi Dati sur la rétention de sûreté ou l'incar­cération des mineurs de 12 ans - sur lequel le gouvernement a finalement reculé - sont le signe manifeste d'une fuite en avant. »

On peut aujourd'hui, en France, être condamné à un an de prison ferme pour le vol d'une bouteille de pastis, payer 12 000 euros d'amende pour avoir installé sur la voie publique des tentes à l'intention des SDF. Et n'avoir pas d'autre choix que plaider coupable pour des délits qu'on n'a pas commis, afin d'éviter la peine de prison, comme l'ont découvert de nombreux manifestants anti-CPE. Où est passée la mesure ? « On ne saurait reprocher à des hommes politiques dont le programme électoral annonçait des changements dans le domaine pénal de modifier la loi en créant des incriminations plus fortes pour certains comportements, défend Denys de Béchillon. Du point de vue des droits fondamentaux, dans nos sociétés, seul compte le fait que cette loi soit définie par l'autorité légitime (le Parlement) et que sa conformité aux règles supérieures, nationales et internationales, puisse être contrôlée de manière effective par un juge indépendant. Au-delà, toutes les appréciations sont de nature politique, ni plus ni moins. »

“Le problème, avec toute culture de la peur [...], c'est qu'elle n'est jamais totalement dissociable d'une culture de l'ennemi.”

C'est pourtant l'« au-delà » qui nous intéresse. L'année 2008 laissera un souvenir amer à beaucoup trop de monde. Aux collégiens de Marciac (Gers), reniflés par des chiens policiers ; à l'ancien directeur de Libé Vittorio de Filippis ; au photographe de l'AFP Jean-Philippe Ksiazek, dont le travail a été effacé par des policiers lors d'une manifestation de lycéens à Lyon ; à Julien Coupat et Yldune Lévy, qualifiés de « terroristes » à la va-vite ; et à Hervé Eon, condamné, après qu'il eut inscrit « Casse-toi pov'con » sur une banderole, pour outrage (et non pour plagiat, alors qu'il reprenait les propos du président de la République au Salon de l'agriculture 2007 !). Amer, et même un peu plus, pour tous ces indésirables que Nicolas Sarkozy n'en finit plus de désigner. Hier, c'était les prostituées, les sans-papiers et les jeunes des cités. Le cercle s'est élargi au gré des faits divers. Les statistiques du ministère de l'Intérieur ont beau montrer que, dans un taux de délinquance en hausse, le pourcentage des mineurs mis en cause baisse, le « jeune délinquant » est devenu une obsession. Au point que son emprisonnement dès l'âge de 12 ans relèverait du « bon sens », ­selon la garde des Sceaux (son Premier ministre l'a contredite). Sûr que les prisons françaises, épinglées à la fois par les Nations unies et le Conseil de l'Europe, sont le cadre rêvé pour une rapide réinsertion !

« Le problème, avec toute culture de la peur [...], rappelle Marc Crépon dans son essai, c'est qu'elle n'est jamais totalement dissociable d'une culture de l'ennemi. » L'ado délinquant n'est pas seul : le malade mental est « forcément » un psychopathe dangereux. Oubliant la grande misère de la psychiatrie, Docteur Sarko ne s'intéresse qu'à cette caté­go­rie de malades et lui promet un bel avenir : systématisation des soins sous contrainte, ouverture de 200 chambres d'isolement... Le projet de « sécurisation des hôpitaux » prend l'exact contre-pied du modèle psychiatrique des quarante dernières années, qui vise la réintégration des patients dans la société tout en les encadrant (et y parvient de moins en moins, faute de moyens). Et tant pis si les risques d'être assassiné en France par un malade mental sont infiniment moins grands que celles d'être dézingué par son voisin de palier : le rapport de la commission Violence et santé mentale dénombre qu'en 2005, sur 51 411 personnes mises en examen dans des affaires pénales, 212 ont bénéficié d'un non-lieu pour irresponsabilité mentale, c'est-à-dire 0,4 % des crimes et délits, rappelle pourtant l'« Appel des 39 », une lettre de protestation ­signée par des psychiatres et des psychanalystes après la déclaration de Nicolas Sarkozy. En revanche, la prévalence des crimes violents contre les patients psychiatriques est 11,8 fois plus importante que celle qui s'exerce contre la population générale... Diagnostic des « 39 » : « En amalgamant la folie à une pure dangerosité sociale, en assimilant la maladie mentale à la délinquance, est justifié un plan de mesures sécuri­taires inacceptables. »

“Les policiers aussi ont peur : ils ont peur et ils ont honte qu'on les oblige à appliquer cette politique.”

Inacceptables et donc contestées. Mais la contestation, c'est suspect. Demandez aux trois profs de philo qui, embarqués sur un avion d'Air France pour un colloque à Kinshasa, ont décidé d'interroger les policiers qui « raccompagnaient » au Congo des sans-papiers. Le premier, Pierre Lauret, fut débarqué manu militari. Les deux autres ont été cueillis à leur retour de Kinshasa et envoyés dix heures en garde à vue. Dialogue impossible entre des citoyens concernés et les policiers chargés de... leur sécurité ? « Quand nous sommes montés dans l'avion pour Kinshasa, on nous a distribué un papier qui disait : "Une reconduite à la frontière est une décision légitime de l'Etat français", raconte Yves Cusset, un des trois philosophes. Plus tard, un des policiers s'est levé pour nous dire que, dans une démocratie comme la nôtre, il fallait respecter les lois. Et une fois que le débat fut lancé avec les passagers, il a vite été interrompu par la menace d'un autre policier : "Faites attention à ce que vous dites, ça va se retourner contre vous." Pourquoi cette fin de non-recevoir ? Parce que les policiers aussi ont peur : ils ont peur et ils ont honte qu'on les oblige à appliquer cette politique. »

“La présomption d'innocence devient une vieillerie d'un autre temps.”

La France ne vit pas sous un système totalitaire. Il n'en reste pas moins que la distinction entre ce qui relève de la sécurité (c'est-à-dire le fait de pouvoir sortir dans la rue sans crainte) et ce qui appartient au domaine de la sûreté (la protection de l'Etat) n'est plus nette. « On a beaucoup ­mélangé les deux ces derniers temps, ­affirme l'avocate Dominique Noguères. C'est gravissime. » D'autant plus grave que, depuis l'« affaire Tarnac », un petit air de Minority Report (le film futuriste de Steven Spielberg dans lequel la police « neutralisait » les criminels avant qu'ils passent à l'acte) flotte sur la place Vendôme : on peut aujourd'hui, en France, être interpellé et emprisonné sur les intentions qu'on nous prête et non sur les actes qu'on a commis. Pas de preuves solides pour le sabotage des lignes de TGV, pas de témoins des faits à Tarnac ? Qu'à cela ne tienne, on recourt à l'article 421, du Code pénal qui qualifie les actes de « terroristes » : plus besoin d'éléments matériels, à Tarnac un zeste de soupçon fera l'Affaire. « Lorsque vous vous donnez comme impératif de gérer les événements avant qu'ils se produisent et que vous vous fixez comme objectif l'insécurité zéro, c'est toute la population qui devient potentiellement dangereuse, déclare Frédéric, du comité de soutien des inculpés de Tarnac. Il ne s'agit plus alors de déterminer si un acte est "terroriste" ou pas, mais d'évaluer une probabilité du risque. Inutile de préciser que la présomption d'innocence devient alors une vieillerie d'un autre temps. » Bien de l'époque, en revanche, est le délire verbal dans lequel sombrent certains dirigeants (et quelques médias) lorsqu'ils se targuent d'« interpréter » les indices ou les « intentions » : « Ils ont adopté la méthode de la clan­destinité, soulignait ainsi sans rire Michèle ­Alliot-Marie après l'arres­tation de Julien Coupat, d'Yldune Lévy et de leurs amis. Ils n'utilisent jamais de ­téléphone portable. Ils se sont arrangés pour avoir, dans le village de Tarnac, des relations amicales avec les gens qui pouvaient les prévenir de la présence d'étrangers. » Qui se sentirait encore en sécurité après avoir entendu une chose pareille ?

Drôle de modèle pour la justice. Surtout quand on apprend que cette politique sécuritaire ne marche pas : selon l'Observatoire national de la délinquance, les violences sur personnes ont encore augmenté de 2,4 % en 2008 (2), comme elles n'ont cessé de le faire entre 2002 et 2007. A se demander si le président de la République n'aurait pas viré son ministre Sarkozy... Cette surenchère pénale est d'autant moins pardonnable que le gouvernement est parfaitement informé de l'inefficacité de certaines mesures. Un seul exemple : en 2005, l'ancien garde des Sceaux, Dominique Perben, a commandé une étude sur l'effet des peines planchers sur la récidive. Elections obligent, le rapport a finalement été remis, en juin 2007, à Rachida Dati (3). Verdict ? « Notre avis ne souffrait d'aucune ambiguïté, raconte le sociologue Sébastian Roché, qui a participé à ce travail. Nous avons informé la ministre que ces peines n'avaient pas l'efficacité qu'on leur prêtait et qu'on pouvait en mesurer l'inefficacité. Ceux qui pensent qu'on améliore la sécurité du citoyen en punissant plus longtemps se trompent. C'est même le contraire qui est vrai : ces peines poussent les jeunes dans une délinquance au quotidien. » Roché n'a plus jamais entendu parler de cette étude et notre courriel à la garde des Sceaux est resté sans réponse. Le 10 août 2007, la loi sur les peines planchers a été votée au Parlement.

Et si la lutte contre l'insécurité n'était qu'un objectif marginal de cette politique sécuritaire ? Si l'objectif principal était, en fait, ce que le sociologue Laurent Mucchielli appelle le con­trôle social ? Sinon, pourquoi tant de fichiers (34 en 2006, 45 en 2008), pourquoi ce souci d'en savoir plus - toujours plus ! - sur des catégories toujours plus larges de la population ? Ceux qui n'ont « rien à se reprocher », bien sûr, n'ont rien à craindre. Mais aujourd'hui, pour être dans le bon wagon, obéir à la loi ne suffit plus : il faut aussi être dans la norme. Travailler plus pour gagner plus. Contester dans les clous et continuer de regarder France Télévisions quand son président sera nommé par le nôtre. A moins que... « Ceux qui sont prêts à abandonner un peu de leurs libertés fondamentales en échange d'un peu de sécurité illusoire ne méritent ni les unes ni l'autre », rappelait Benjamin Franklin. On peut donc s'indigner. Refuser la norme, s'accrocher à l'Arbre et à nos libertés.

Demain, tous fichés et sous surveillance electronique ?

Surveillance d'internet, biométrie, vidéosurveillance, puces RFID, GPS, implants... Ce documentaire d'Arte montre comment nous entrons dans une société de contrôle total où chaque citoyen est tracé, surveillé et fiché, Tous les moyens nécessaires sont désormais réunis pour un régime totalitaire qui viendrait à se mettre en place... Au nom de la lutte contre le terrorisme, intérêts politiques et industriels se rejoignent au détriment des libertés. Jusqu'où notre désir de sécurité peut-il conduire ? Des experts en nouvelles technologies dressent un panorama inquiétant des dispositifs de surveillance mis en œuvre de Pékin à Paris, en passant par Tunis ou Berlin, avec des outils de traçage et d'identification sans cesse plus perfectionnés et plus nombreux. Ce documentaire met efficacement en perspective le prix que nous risquons de payer pour une sécurité en partie illusoire. Parmi les nombreux témoignages qui jalonnent ce documentaire de 52 minutes, on peut signaler celui de Julien Pain, le responsable des questions d’Internet chez Reporter Sans Frontières et celui d’Omar Chlendi, un des internautes de Zarzis qui revient sur les raisons de son incarcération et le travail de flicage du de la police tunisienne du net.

Sécurité ou liberté … Faut-il choisir ?

Les attentats du 11 septembre 2001 ont donné aux États-Unis mais aussi à l’Europe l’impulsion d’une politique plus sécuritaire au nom de la lutte contre le terrorisme : surveillance renforcée des individus, fichage, durcissement des politiques d’immigration …

Le trop sécuritaire ne remet-il pas en question les principes et les valeurs de nos démocraties ? Trop de sécurité ne nuit-il pas à la liberté ? Jusqu’où peut-on aller ? Maîtrise-t-on suffisamment les technologies censées nous protéger ? Quels contrôles sommes-nous en droit d’exiger sur l’utilisation des données nous concernant ? Comment interpréter ce climat qui incite les citoyens à la délation ? Sous le couvert de sécurité, les États sont-ils toujours les garants de nos libertés ?

1 août 2010

Les grandes emeutes de 2005 et la révolte étudiante de 2006 - Quand la France s'embrase !

En un temps où, face aux problèmes sociaux qui s'accumulent, certains raisonnent comme s'il était urgent d'attendre, voici un livre destiné à éveiller les consciences. Le titre, Du bon usage de la guerre civile en France, apparaît comme une provocation. La thèse surprendra : dans le passé, les «sorties de guerre civile» ont toujours constitué des moments privilégiés, au cours desquels des transformations indispensables, auparavant impossibles, ont été adoptées, souvent grâce à des personnages providentiels. Jacques Marseille en tire cette conclusion : «On peut créditer la guerre civile d'une véritable fonction matricielle.» Professeur à la Sorbonne, l'homme n'est pas un boutefeu, et pas non plus un fantaisiste. C'est en historien - et en historien des structures socio-économiques - qu'il illustre son propos, à travers huit tournants de l'histoire : de la féodalité aux guerres de Religion, de la Fronde à la Révolution, de la fièvre de 1848 aux affres de l'Occupation. Le dernier épisode évoqué dans l'ouvrage, c'est celui que nous vivons en ce moment... Aujourd'hui, la guerre civile ? Jacques Marseille, même s'il n'ignore rien des violences urbaines, ne pronostique aucune bataille rangée dans nos rues. La rupture qu'il voit venir ne se traduira donc pas par des barricades, mais elle lui semble néanmoins inévitable. Les scrutins du 21 avril 2002 (élection présidentielle) ou du 29 mai 2005 (référendum sur l'Europe) en ont donné un avant-goût. Reprenant les analyses développées dans ses deux précédents best-sellers, l'auteur explique qu'il existe deux France : la première travaille, innove et crée de la richesse ; la seconde défend ses avantages et profite du système. La première France, «exposée», paie pour la seconde, «abritée» ; quand elle ne le pourra plus ou ne le voudra plus, la machine cassera. «Il faudra bien, écrit Jacques Marseille, châtier les égoïsmes comme l'avaient fait Charles V ou Louis XIV, et faire preuve de lucidité et de courage comme en leur temps Henri IV ou Charles de Gaulle. En 2007 ou plus tard ?» Quelle que soit la date, cette secousse surviendra. Sera-t-elle salutaire ?



Certaines scenes du film peuvent choquer

Fabius prévient : il y a un "risque" d'embrasement en France !

Manifs anti-CPE et revolte etudiante de 2006


Emeutes 2007


2009 : Bagnolet, à travers un fait divers, autopsie d’une société malade  

2010 : Emeutes de Tremblay et Grenoble, chronique d'un malaise en France mais certains disent que ça va peter ! Les emeutes vues de la Russie.
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